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Ces promesses des partis politiques qui ne seront jamais tenues

  • il y a 2 heures
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Deux jours après le début de la campagne électorale pour les Législatives du 02 juillet prochain, certains chefs de partis sont sortis de leur zone de confort pour rencontrer des militants et des citoyens. Le premier constat qui se dégage de ces discours, souvent creux, est que malgré une réalité amère faite de problèmes sociaux mais surtout de l'accaparement du pouvoir par l'Exécutif et plus précisément par le chef de l'Etat, les hommes et femmes politiques multiplient des promesses qu'ils ne tiendront pourtant jamais.


Au sein de ce qui reste de l'opposition, le FFS et le PT, qui gardent une sensibilité de gauche du moins dans leurs discours, ont entamé cette campagne électorale par la promesse d'augmenter le salaire minimum, actuellement de 24000 DA (environs 100 euros selon le change parallèle) à 40 000 DA. En plus de fait que ce seuil soit dépassé depuis bien longtemps puisque l'inflation a atteint des seuils qui nécessitent des salaires beaucoup plus élevés pour les Algériens, ces deux partis politiques savent que leurs engagements ne seront jamais tenus: n'ayant couvert que très peu de circonscriptions électorales, ils n'auront donc qu'un nombre très limité de députés, ce qui ne leur permettra même pas de constituer un bon groupe parlementaire même en nouant des alliances.


Autre promesse purement démagogique : en meeting vendredi à Tiaret, le secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), Mondher Bouden, a été confronté à une réalité faite de chômage de longue durée et de précarité des employés. En réponse, il a promis que les députés issus de son parti qui seront élus "vont travailler pour lever les contraintes bureaucratiques" qui empêchent la création d'entreprises, donc d'emplois. Or, cela fait des décennies que ce parti dispose de ministres, de députés et même d'anciens premiers ministres qui n'ont rien fait pour améliorer la situation des Algériens, notamment ceux qui se trouvent dans une situation de précarité.


Plus qu'autre chose, la domination du pouvoir exécutif, et plus particulièrement du chef de l'Etat, sur tous les autres pouvoirs rend inefficiente toute tentative des parlementaires de changer la situation dans le pays. Partisan d'un régime présidentiel fort, Abdelmadjid Tebboune n'accepte aucun contre-pouvoir ou même une simple critique venant de la classe politique ou du parlement. C'est d'ailleurs pour la première fois depuis au moins une trentaine d'années que les députés n'ont droit à quasiment aucune possibilité de remanier les textes venant du gouvernement. La situation n'est certes pas nouvelle; mais dans le passé, les membres du parlement pouvaient critiquer publiquement les propositions de lois qui leur étaient soumises et pouvaient, de temps à autre, en changer la substance. Cela n'est plus possible depuis six ans puisque des textes initiés par le gouvernement passent comme une lettre à la poste et les députés ne peuvent même pas corriger des maladresses ou des fautes qui peuvent s'y trouver.


Dans un tel climat, aggravé par la mise à l'écart par l'ANIE de beaucoup de figures politiques locales ou nationales au risque d'altérer la qualité des futirs débats dans l'hémicycle, un parlement qui sortira des élections du 2 juillet n'aura qu'un rôle symbolique, celui d'une chambre d'enregistrement.


Essaïd Wakli 


 
 
 
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