Condamnation de Fethi Ghares : Zoheir Rouis dénonce une atteinte à l’espace politique et appelle à un sursaut démocratique
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La condamnation de Fethi Ghares, figure politique connue pour ses prises de position critiques envers les autorités, a suscité de nombreuses réactions dans le paysage politique algérien. Parmi elles, celle de Zoheïr Rouis, vice‑président du parti Jil Jadid , qui a publié une déclaration ferme dénonçant une atteinte grave à l’espace du débat public.
Pour lui, cette affaire dépasse largement le cas individuel de Fethi Ghares et renvoie à une question fondamentale : la place de l’opinion dans le système politique algérien. Rouis rappelle que dans un État de droit, chacun doit répondre de ses actes devant une justice indépendante, respectueuse des droits de la défense et garante d’un procès équitable. Mais il insiste sur un principe qu’il juge essentiel : la privation de liberté ne devrait jamais être la réponse à l’expression d’une opinion ou d’une position politique. Il exprime à ce titre une solidarité totale avec Ghares.
Selon les éléments disponibles, Fethi Ghares a été condamné pour des publications diffusées sur les réseaux sociaux, dans le cadre de dispositions pénales relatives à la « diffusion de fausses informations » ou à l’« atteinte à l’ordre public ». Ces lois, régulièrement critiquées par des ONG et des juristes, sont accusées d’être utilisées pour criminaliser l’expression politique et réduire l’espace du débat public.
Dans sa déclaration, Zoheïr Rouis estime que la démocratie ne se protège pas en restreignant l’espace du débat, mais en l’élargissant. Les divergences politiques, affirme‑t‑il, doivent être arbitrées par le débat public, le dialogue démocratique et les urnes, non par des procédures pénales visant celles et ceux qui expriment leurs convictions dans le respect de la paix civile. Il met en garde contre une fracture croissante entre les institutions et une partie de la société, fracture qu’il juge dangereuse pour la stabilité du pays. Selon lui, l’Algérie a aujourd’hui besoin d’apaisement, de confiance et d’une véritable ouverture de l’espace politique.
Rouis défend également une conviction plus large : aucune Nation ne peut durablement garantir sa stabilité, son développement économique et sa cohésion sociale sans le respect des libertés fondamentales, du pluralisme politique, de la liberté d’expression et d’une justice impartiale. Contrairement à certaines idées reçues, ces principes ne sont pas des facteurs d’instabilité ; ils constituent, selon lui, les fondements mêmes d’une stabilité durable et d’une société en confiance. Il affirme que cette vision guide son engagement politique au sein de Jil Jadid.
La condamnation de Fethi Ghares intervient dans un contexte marqué par une judiciarisation croissante de l’expression politique, touchant militants, journalistes et acteurs associatifs. Les organisations de défense des droits humains dénoncent une tendance à utiliser les lois pénales pour encadrer, voire restreindre, la parole publique. Dans ce climat de crispation, la prise de position de Zoheïr Rouis s’inscrit dans un débat national plus large sur l’avenir du pluralisme, la place des partis politiques et la capacité des institutions à accepter la critique.
Nadia B



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