Crise des OQTF : Le Figaro met en lumière la manœuvre algérienne pour apaiser les tensions avec Paris
- cfda47
- il y a 9 heures
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L’Algérie cherche à réorienter sa stratégie diplomatique face à Paris autour d’un dossier devenu explosif : les obligations de quitter le territoire français (OQTF). Selon des informations rapportées par Le Figaro, Alger tenterait désormais de « sortir par le haut » d’une crise qui empoisonne les relations bilatérales depuis plusieurs années.
Au moment où les tensions diplomatiques entre Paris et Alger se cristallisent autour des obligations de quitter le territoire français (OQTF), Le Figaro révèle un changement notable dans la stratégie algérienne. Loin de se limiter à un simple dossier administratif, la question des expulsions est devenue un véritable instrument politique, au cœur d’un rapport de force complexe entre les deux pays. Face à une crise qui s’enlise, Alger chercherait désormais à reprendre l’initiative et à apaiser le jeu, sans renoncer à ses positions de principe.
Un outil administratif devenu arme diplomatique
La question des OQTF dépasse largement le cadre technique des expulsions. Elle s’est transformée en un instrument politique utilisé par les deux capitales pour envoyer des signaux, affirmer des rapports de force et répondre à des pressions internes.
Le faible taux d’exécution des OQTF visant des ressortissants algériens — autour de 7 % selon plusieurs analyses — alimente régulièrement les critiques en France. À plusieurs reprises, Alger aurait modulé la délivrance des laissez‑passer consulaires pour exprimer son mécontentement ou rappeler son poids dans la relation bilatérale. Une stratégie jugée « efficace » par certains diplomates, car elle met Paris face à ses propres difficultés en matière d’expulsions.
Derrière ces tensions se dessine une réalité plus profonde : la migration est devenue un levier de politique étrangère, un terrain où se mêlent enjeux de souveraineté, perceptions publiques et équilibres internes.
Une volonté affichée d’apaisement
Pour l’Algérie, la question des réadmissions touche directement à la souveraineté nationale. Coopérer ou non avec Paris n’est jamais un simple acte administratif, mais un geste politique scruté par une opinion publique particulièrement sensible à toute forme de pression extérieure.
L’article souligne toutefois un tournant : Alger chercherait désormais à reprendre l’initiative. En évoquant une régularisation ciblée de certains de ses ressortissants à l’étranger, les autorités algériennes envoient un signal d’apaisement tout en affirmant leur maîtrise du dossier.
Cette approche vise à rétablir un dialogue plus constructif avec Paris, sans donner l’impression de céder. Elle permet également d’éviter une escalade diplomatique coûteuse, tout en préservant la posture de fermeté attendue par l’opinion nationale.
Un dossier inflammable côté français
En France, les OQTF sont devenues un marqueur politique central. Elles cristallisent les débats sur l’immigration, la sécurité et l’autorité de l’État.
Chaque affaire impliquant un ressortissant sous OQTF déclenche une forte pression médiatique et politique, obligeant le gouvernement à afficher des résultats.
Dans ce contexte, la coopération algérienne est perçue comme un test de crédibilité. Les retards ou refus de laissez‑passer sont immédiatement interprétés comme un manque de coopération, ravivant les tensions. Les faits divers récents impliquant des personnes sous OQTF ont encore durci le ton à Paris.
Une tentative de reprendre le contrôle
La volonté algérienne de « sortir par le haut » apparaît ainsi comme une double manœuvre : normaliser une relation fragilisée et reprendre la main sur un dossier devenu incontrôlable.
Selon l’analyse rapportée, cette stratégie répond à plusieurs objectifs : Réduire une crise nuisible à son image internationale, empêcher que le dossier migratoire ne serve de prétexte à de nouvelles tensions et reprendre l’initiative pour ne pas laisser Paris dicter le rythme.
Alger cherche donc à montrer qu’elle coopère, mais en tant qu’acteur souverain, non comme exécutant des priorités françaises.
Une relation toujours sous tension
L’analyse met en lumière une relation franco‑algérienne prise en étau entre impératifs politiques, enjeux migratoires et susceptibilités nationales.
Si Alger semble vouloir desserrer l’étau, la moindre étincelle peut relancer la crise. Le dossier des OQTF reste l’un des plus sensibles de la relation bilatérale, où chaque geste administratif peut devenir un acte politique.
Yacine M



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