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Cyberviolence : une cellule de veille nationale pour les enfants en préparation en Algérie

  • il y a 2 minutes
  • 2 min de lecture

La cybercriminalité et les violences faites aux femmes et aux enfants progressent en Algérie, selon les derniers chiffres de la DGSN et de la Gendarmerie nationale. C’est dans ce contexte que l’ONPPE prépare une nouvelle structure de surveillance.


Réunis à Alger à l’occasion du Mawlid, autour du thème « Éducation et protection de l’enfance entre la méthode prophétique et le droit algérien », des représentantes du Journal féminin algérien et de l’initiative TBD ont présenté à la déléguée nationale à la protection de l’enfance, Meriem Cherfi, le bilan de leur campagne #بلاصت_COM, engagée contre le cyberharcèlement visant les filles et les mineures. La rencontre, organisée par l’ONPPE, a permis d’évoquer les mécanismes de détection et d’intervention destinés à protéger les enfants dans l’espace numérique.


Mme Cherfi a confirmé, à cette occasion, l’imminence du lancement d’une cellule de veille cybernétique. Composée d’agents et d’officiers de police judiciaire relevant de la Gendarmerie nationale et de la Direction générale de la Sûreté nationale, ainsi que de spécialistes, cette structure fonctionnera vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour repérer les publications menaçant la sécurité des enfants, les discours de haine ou les actes discriminatoires les visant. Le projet, en phase de finalisation depuis plusieurs mois, figure dans le plan d’action national pour l’enfance 2026-2030, présenté cet été par la déléguée nationale.


Les statistiques disponibles donnent la mesure du terrain sur lequel cette cellule devra opérer. La Direction générale de la Sûreté nationale a enregistré 13 204 affaires de cybercriminalité en 2025, impliquant plus de 7 800 personnes, tandis que la Gendarmerie nationale comptabilisait déjà plus de 2 700 dossiers sur les dix premiers mois de 2024. Ces données ne distinguent pas les infractions visant spécifiquement des mineurs, mais elles confirment une progression continue depuis plusieurs années.


Les violences faites aux femmes suivent une évolution comparable. Amnesty International a relevé, dans un rapport publié cette année, que la DGSN a enregistré près de 7 500 plaintes pour violences faites aux femmes en 2024, en hausse de 12,4 % par rapport à 2023. Le collectif Feminicide Algérie a recensé au moins 37 féminicides sur la même année, en l’absence de statistique officielle sur ces homicides. L’Institut national de santé publique avait, de son côté, comptabilisé plus de 4 000 femmes victimes de violences physiques ou sexuelles dans cinq wilayas en 2023. En février 2025, le gouvernement avait annoncé l’ouverture d’une ligne téléphonique fonctionnant en continu et d’une plateforme électronique dédiées aux femmes victimes de violence, complétées par un guide juridique sur leurs droits.


Le Journal féminin algérien documente, sur son propre site, les formes que prend la violence numérique en Algérie, du dénigrement et de l’usurpation d’identité à la diffusion non consentie d’images intimes. Ses représentantes ont fait valoir, lors de la rencontre à Alger, une expérience de terrain accumulée depuis plusieurs années, aux côtés d’autres dispositifs déjà mobilisés sur la protection de l’enfance, comme le numéro vert 11-11 et l’application Allô Tofola, lancée début 2024.


Khaled ROUABAH

 
 
 

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