Des cinéastes algériens s’insurgent contre la censure
- il y a 2 heures
- 2 min de lecture

Face à la multiplication des actes de censure et des interdictions de projection, les cinéastes algériens haussent le ton. Dans une pétition rendue publique vendredi 24 avril, ils dénoncent l’interdiction du film The Arab de Malek Bensmaïl au Festival méditerranéen d’Annaba, un épisode qu’ils refusent de considérer comme un simple dérapage. Selon eux, cette décision s’inscrit dans une série d’entraves qui, loin d’être isolées, révèlent un système qui « fragilise durablement la création cinématographique ».
Pour montrer l’ampleur de cette situation, ils citent des exemples précis de films interdits de diffusion en Algérie : Barakat(Djamila Sahraoui), Ben M'Hidi(Bachir Derais), Contre-Pouvoirs, La Chine est encore loin, Le Grand Jeu (Malek Bensmaïl), Délice Paloma, Le Harem de Mme Osmane (Nadir Mokneche), Le Démon au féminin (Hafsa Zinai Koudil), La Dernière Reine(Damien Ounouri et Adila Bendimerad), Alger by Night(Yanis Koussim), L'Effacement(Karim Moussaoui, Fragments de rêves (Bahia Bencheikh El Fegoun), Le Dernier Camarade(Amine Kabbes), Janitou (Amine Hattou), Papicha (Mounia Meddour), Constantina Babylone -Terminus 60 (Sid Ahmed Semiane), Vote Off (Fayçal Hamoum),.. et la liste est longue », énumèrent les signataires parmi lesquels le producteur Boualem Ziani, la réalisatrice et comédienne Adila Bendimerad, le réalisateur Lyes Salem ou son homologue Sid Ahmed Semiane. Des comédiens célèbres comme Nabil Asli ou le réalisateur Bachir Derrais ont également signé cette pétition.
En plus de la dénonciation, ils émettent des revendications. On y trouve entre autres : la levée des restrictions arbitraires entravant la diffusion des œuvres cinématographiques, le respect de l’autonomie des festivals dans l’élaboration de leur programmation, une révision du système de visa culturel, afin qu’il ne constitue plus un frein à la circulation des films, une réforme des instances de sélection, fondée sur la compétence et la transparence et une mise à plat du cadre juridique régissant le secteur, afin de mieux accompagner la création.
Officiellement, les autorités, à commencer par le chef de l’Etat Abdelmadjid Tebboune, crient sur tous les toits qu’elles encouragent le cinéma. En réalité, jamais autant de films n’ont été interdits que durant le règne de l’équipe actuelle au pouvoir. Des productions comme Larbi Ben M’hidi de Bachir Derraïs, Délice Paloma de Nadir Moknache attendent depuis presque dix ans une programmation qui n’arrive pas. D’autres films, moins connus, ne sont pas non plus projetés pour diverses raisons. Or, « l’histoire nous enseigne qu'il est impossible d'emprisonner des idées. Un film interdit dans les salles un temps, sera un jour ou l’autre projeté par l'histoire dans la mémoire et l’imaginaire des peuples », concluent les signataires de la pétition.
Essaïd Wakli



Commentaires