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Des décisions hasardeuses du gouvernement plombent l’économie

  • il y a 1 jour
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 5 heures


Instaurée depuis quelques années pour contrôler le flux des marchandises qui entrent en Algérie, le plan prévisionnel des importations (PPI) devient un cauchemar pour les opérateurs économiques.


A l’origine, le ministre du Commerce extérieur, Kamel Rezzig avait pour mission de réduire les importations dans le seul but d’épargner au maximum les réserves de change, ce matelas en devises qui permet au pays de faire face aux importations des biens essentiels. Pour cela, il a inventé, en juillet 2025, un procédé simple : le plan prévisionnel des importations. Cela consiste pour un opérateur de présenter, au ministère du Commerce extérieur, ses besoins pour les 6 mois à venir. L’opération est répétée deux fois par an, en janvier puis en juin. Mis devant le fait accompli, les opérateurs économiques n’ont pas d’autres choix que de souscrire à la démarche. De toute façon, c’est le seul moyen dont ils disposent pour importer machines, pièces de rechange et matières premières.


Sauf que cette politique a prouvé ses limites. En août 2025, l’Algérie a connu une pénurie de sel de table. La raison ? L’Enasel, l’entreprise nationale du Sel, a vu une de ses machines s’arrêter à cause d’une panne d’une des pièces détachées. Or, contrairement aux matières premières, personne ne peut prévoir la survenue d’une panne. Il a fallu au moins deux mois de débrouille pour les équipes de cette entreprise étatique pour remettre les machines en marche.


Même lorsque des entreprises inscrivent toutes les demandes éventuelles dans les PPI, le ministère du Commerce extérieur ne donne des réponses favorables que sur une petite partie de ces sollicitations. C’est pour cela que ces derniers jours, de grandes entreprises privées se plaignent, publiquement, des dégâts que fait peser cette décision du gouvernement. C’est le cas de Bellat, qui active dans le domaine de la transformation des viandes et la charcuterie, et Hayet, qui embouteille les eaux minérales, qui se sont plaintes publiquement de ne pas obtenir des autorisations des services de Kamel Rezzig permettant l’importation de pièces détachées. Ce dernier, agacé, a répondu en estimant que ces deux entreprises avaient formulé trop de demandes. La réalité est que si des entreprises font trop de demandes, c’est parce qu’elles savent qu’elles n’auront des réponses favorables que sur une petite partie de leurs requêtes. Puis, s’agissant des pièces détachées, les importateurs introduisent quasiment toutes les parties de leurs machines dans ces requêtes.


Pour ne rien arranger à la situation, le gouvernement a décidé de serrer encore les vis sur les importations. Pour le semestre en cours, par exemple, les opérateurs économiques ne peuvent pas importer des machines pour leurs usines, ce qui plombe davantage l’économie du pays, déjà grippée par une absence de cap politique. D’ailleurs, les images d’un investisseur chinois, incapable de faire entrer des équipements achetés auparavant et dont il doit payer les charges de transport et de stockage, ont fait les tours de la toile. Mais les autorités algériennes, dont la seule boussole est la préservation des réserves de changes dont on ne connaît même pas le montant, ne répondent pas.


Cette situation n’est que la partie visible de l’iceberg des décisions hasardeuses des autorités algériennes dans le domaine de l’économie. Une improvisation qui va coûter cher avec une baisse des investissements et une hausse du chômage.


Essaïd Wakli

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