Djamel Ramdane Cherif placé sous mandat de dépôt : « Asirem » dénonce une affaire politique

Le mouvement politique Asirem est sorti de son silence pour condamner la mise sous mandat de dépôt de son militant et candidat aux élections locales, Djamel Ramdane Cherif. Dans une déclaration rendue publique, son coordinateur et député Yassine Aissiouane dénonce une affaire à caractère éminemment politique et accuse les autorités d'entretenir un amalgame entre opposition démocratique kabyle et Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK).
Jusqu'à présent, le mouvement avait choisi de ne pas commenter l'arrestation de Djamel Ramdane Cherif, survenue le 25 octobre 2026, à la demande de sa famille qui espérait qu'une erreur procédurale serait rapidement corrigée par la justice. Mais la récente décision de le placer sous mandat de dépôt a poussé Asirem à rompre le silence.
Selon le communiqué, les poursuites engagées contre le militant reposeraient sur des accusations visant à l'associer au MAK, organisation classée comme terroriste par les autorités algériennes. Une accusation que le mouvement juge « invraisemblable » au regard du parcours politique de l'intéressé.
« Placer Djamel Ramdane Cherif sous mandat de dépôt pour des motifs liés au MAK, alors que son engagement a toujours combattu cette mouvance, soulève de graves interrogations », affirme Asirem, qui voit dans cette affaire une tentative de discréditer toute expression politique autonome en Kabylie.
Le mouvement souligne également que cette incarcération intervient dans un contexte électoral particulier. Djamel Ramdane Cherif est en effet chef de file de la liste Asirem à l'Assemblée populaire de wilaya (APW) de Tizi Ouzou pour les élections locales prévues le 28 novembre 2026. Selon la même source, seize candidats de la formation auraient déjà été écartés du processus électoral avant que la tête de liste ne soit à son tour visée.
Pour Yassine Aissiouane, cette situation s'inscrit dans une stratégie plus large visant à empêcher l'émergence d'une opposition démocratique distincte du courant séparatiste. « Accuser indistinctement des militants qui n'ont rien à voir avec le MAK ne relève pas d'une simple erreur tactique », estime-t-il, dénonçant une volonté de réduire la pluralité politique en Kabylie.
Le coordinateur d'Asirem rappelle par ailleurs être lui-même engagé en France dans une procédure judiciaire pour diffamation contre une personnalité qu'il présente comme proche de cette mouvance, afin de démontrer la distance politique qui sépare son mouvement des thèses indépendantistes.
Dans sa déclaration, Asirem met également en avant le passé familial de Djamel Ramdane Cherif. Le mouvement rappelle que sa grand-mère aurait été la première femme de la région d'Azeffoun emprisonnée par l'administration coloniale française durant la guerre de libération. Une référence destinée à souligner ce que ses soutiens considèrent comme un paradoxe historique.
Au-delà du cas individuel de leur militant, les responsables d'Asirem alertent sur ce qu'ils qualifient de « confiscation politique » et dénoncent une logique qui consisterait, selon eux, à assimiler toute contestation ou action citoyenne en Kabylie à une affiliation avec le MAK.
Le mouvement appelle au respect des droits de Djamel Ramdane Cherif et demande que la justice puisse examiner son dossier « en toute indépendance » et à l'abri de toute influence politique.
En conclusion, Asirem affirme que « l'opposition démocratique ne se laissera ni bâillonner ni enfermer dans les amalgames que l'on construit pour la neutraliser », réaffirmant sa volonté de poursuivre son combat politique malgré l'incarcération de l'un de ses principaux responsables.
Nadia B



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