Envoi de l’ANP au Niger : Le PT explique son abstention et dénonce un vote sans débat

Le Parti des travailleurs a rendu public ce mardi un communiqué sur son abstention lors du vote de l'Assemblée nationale autorisant l'envoi d'un détachement de l'ANP au Niger. Il reproche aux autorités une séance convoquée sans ordre du jour ni document préalable. Il réaffirme son refus de voir l'armée participer à des opérations de maintien de la paix, tout en se disant favorable à une aide, y compris militaire, aux pays du Sahel.
Réunies séparément et à huis clos dimanche 25 octobre, les deux chambres du Parlement ont donné leur accord à la demande du président de la République, qui a annoncé l'envoi des unités le lendemain. Le détachement doit sécuriser des installations pétrolières exploitées par Sonatrach au Niger. Les députés du PT figurent parmi ceux qui se sont abstenus à l'APN.
Le parti ne remet pas en cause le principe d'une aide à Niamey. Il soutient « toutes les décisions de l'État » en faveur des pays de l'AES, qui ont chassé, selon lui, « l'ancien colonisateur », et refuse d'assimiler un tel soutien à une ingérence. Il affirme que le Niger fait l'objet de plans de déstabilisation attribués à des forces émiraties, et évoque des drones venus du Tchad. Le communiqué ne fournit aucun élément à l'appui de ces affirmations.
C'est sur la forme que la critique est la plus vive. Selon la chronologie du PT, les députés ont été convoqués jeudi 22 octobre pour une séance d'urgence, sans objet ni ordre du jour. La direction du parti n'a été saisie officiellement que le lendemain, par un conseiller de la présidente de l'APN, en même temps qu'elle prenait connaissance d'un document de trois pages du ministère des Affaires étrangères.
Le jour du vote, aucun projet de motion ou de résolution n'a été soumis aux élus. Ils devaient se prononcer sur l'exposé du ministre des Affaires étrangères, présenté au nom du chef de l'État. Seuls les chefs de groupe ont pu prendre la parole. Le PT parle d'une situation « sans précédent depuis 1997 » et estime que la participation à un débat libre est une condition de son vote.
Sur le fond, le parti s'interroge sur la nécessité d'envoyer l'armée pour protéger des exploitations pétrolières à l'étranger. Il rappelle son désaccord avec les articles de la Constitution de 2020 qui ouvrent la voie à une sortie de l'ANP des frontières sous mandat de l'ONU, de l'Union africaine ou de la Ligue arabe. Il juge ces organisations dépourvues de légitimité et leur reproche d'avoir cautionné des interventions en Libye, en Irak et en Syrie.
Enfin, le PT estime que la défense de la souveraineté passe d'abord par l'intérieur, c'est-à-dire par l'ouverture des champs politique et médiatique et le rétablissement des libertés démocratiques, afin de permettre la mobilisation populaire.
Amine B.



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