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Ballon d’Or : le visage de Christophe Gleizes rappelle que la liberté de la presse n’a pas de frontières

il y a 12 minutes
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La 70e cérémonie du Ballon d’Or, organisée lundi 26 octobre à Londres, a offert une visibilité internationale au journaliste français Christophe Gleizes, détenu en Algérie. Sur un écran géant, son portrait, accompagné du slogan « #FreeGleizes » et du décompte de son temps passé en prison, a transformé une soirée consacrée aux stars du football en un moment de solidarité avec un journaliste privé de liberté.


Au milieu des projecteurs, des trophées et des célébrations qui accompagnent chaque année le Ballon d’Or, un visage a retenu l’attention : celui de Christophe Gleizes. Sur l’écran de la cérémonie organisée au London Palladium, dans la capitale britannique, le portrait du journaliste français est apparu aux côtés d’un message sans équivoque : « #FreeGleizes ». Une autre inscription rappelait la durée de sa détention : un an, trois mois et vingt-sept jours en prison.


Le contraste entre le faste de l’événement et la situation du journaliste donne à cette image une portée particulière. Alors que les plus grandes figures du football mondial se retrouvaient pour célébrer leurs performances, cette mise en lumière rappelait qu’un journaliste spécialisé dans ce même sport demeurait derrière les barreaux, privé de la possibilité d’exercer son métier.


Le choix de cette scène internationale n’est pas anodin. Le Ballon d’Or, dont la 70e édition s’est tenue pour la première fois à Londres, rassemble des joueurs, des dirigeants, des médias et des millions de passionnés à travers le monde. C’est précisément cette audience qui donne toute sa force au message : faire sortir l’affaire Christophe Gleizes du seul cadre judiciaire et diplomatique franco-algérien pour la replacer dans un débat universel sur la liberté d’informer.


Collaborateur des magazines So Foot et Society, Christophe Gleizes s’était rendu en Algérie en mai 2024 pour réaliser un reportage consacré à la Jeunesse sportive de Kabylie (JSK), l’un des clubs historiques du football algérien. Arrêté le 28 mai 2024 à Tizi Ouzou, il a d’abord été placé sous contrôle judiciaire avant d’être condamné, le 29 juin 2025, à sept ans de prison ferme. La cour d’appel de Tizi Ouzou a confirmé cette peine le 3 décembre 2025.


Les autorités algériennes lui reprochent notamment des faits qualifiés d’« apologie du terrorisme » et la possession de publications considérées comme portant atteinte à l’intérêt national. Le dossier porte entre autres sur ses contacts et ses entretiens avec des responsables du football kabyle liés au Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), classé comme organisation terroriste par les autorités algériennes en 2021. La défense du journaliste a, pour sa part, expliqué que ces contacts s’inscrivaient dans son travail d’information.


La confirmation de la condamnation a suscité des réactions de la part d’organisations de défense de la liberté de la presse et des autorités françaises. Paris a publiquement appelé à la libération du journaliste, tandis que Reporters sans frontières (RSF) poursuit sa mobilisation en faveur de sa remise en liberté.


Au-delà des controverses judiciaires, l’image projetée à Londres pose une question essentielle : quelle place une société accorde-t-elle à la liberté de la presse lorsque le travail d’un journaliste le conduit en prison ? Couvrir un club, rencontrer des sources, recueillir des témoignages et enquêter sur les réalités d’un territoire font partie des missions ordinaires du journalisme. Ces activités doivent pouvoir s’exercer dans le respect de la loi, mais aussi des garanties fondamentales qui protègent la liberté d’expression et le droit du public à être informé.


Le message « #FreeGleizes » ne constitue pas, à lui seul, un jugement sur l’ensemble du dossier judiciaire. Il exprime néanmoins une exigence : que la situation du journaliste ne disparaisse pas de l’espace public et que sa détention continue de susciter des interrogations. Dans une affaire aussi sensible, la solidarité internationale peut contribuer à maintenir l’attention, sans se substituer au travail de la justice ni aux démarches diplomatiques.


La portée symbolique de cette séquence tient aussi au lien entre Christophe Gleizes et le monde du football. Le journaliste était en Algérie pour couvrir ce sport, ses clubs, ses acteurs et leur environnement. Le voir représenté sur l’écran d’une cérémonie qui célèbre les plus grands noms du football mondial rappelle le paradoxe de sa situation : un professionnel dont le métier consiste à raconter le sport est aujourd’hui éloigné des terrains qu’il avait vocation à couvrir.


En donnant une place à son portrait au cours d’une soirée suivie à l’échelle internationale, le message de solidarité dépasse les frontières et les appartenances nationales. Il rappelle que la liberté de la presse ne devrait pas être défendue à géométrie variable, selon le pays où un journaliste travaille ou la sensibilité politique de son sujet.


À Londres, le Ballon d’Or a ainsi été, le temps d’une image, bien plus qu’une cérémonie sportive. Derrière les trophées et les applaudissements, le visage de Christophe Gleizes a rappelé qu’une carrière, une famille et une liberté restent suspendues à une situation qui demeure au cœur des préoccupations de ses soutiens.


Tant que Christophe Gleizes restera détenu, le slogan « #FreeGleizes » continuera de porter une revendication qui dépasse son seul cas : celle du droit des journalistes à exercer leur métier et du droit de chacun à être informé.


Yacine M

 
 
 

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