Samir Larabi placé en garde à vue après son interpellation à l’aéroport d’Alger

Empêché dimanche d’embarquer pour Tunis, le sociologue et doctorant Samir Larabi a pu donner de ses nouvelles par téléphone, selon un message de ses camarades diffusé lundi. Il serait en garde à vue, aurait appris qu’il a été condamné par défaut dans une affaire dont il ignorait l’existence, et devait être présenté à un juge ce matin. Aucune source officielle n’a confirmé ces informations à ce stade.
Le chercheur s’est présenté dimanche 25 octobre au matin à l’aéroport d’Alger pour rejoindre la capitale tunisienne. Il devait intervenir les 26 et 27 octobre à un colloque sur la politique industrielle verte, organisé par la Fédération générale de l’électricité et du gaz de l’UGTT et le Transnational Institute. Il y était invité pour présenter ses travaux sur l’industrialisation verte en Algérie. Son dernier message à ses proches datait de 6 h 40. Dimanche, plusieurs médias rapportaient qu’il avait été empêché d’embarquer, sans notification préalable d’une interdiction de sortie du territoire, selon ses soutiens.
Dans une brève communication téléphonique, Samir Larabi a transmis trois informations à ses camarades. Il est maintenu en garde à vue, vraisemblablement à la sûreté de l’aéroport d’Alger. Il a été informé qu’il est condamné par défaut dans une affaire remontant à 2020, dont il ignore tout. Il a enfin appris qu’il serait présenté à un juge lundi matin et pourrait former un recours, probablement une opposition.
Ce n’est pas la première fois que son nom apparaît dans un dossier de ce type. Dans un rapport publié en février 2025 par Human Rights Watch et MENA Rights Group, il affirmait avoir été frappé en septembre 2022 d’une interdiction de voyager par le parquet d’Annaba, renouvelée trois mois plus tard sans qu’on l’informe de sa levée. Inculpé en décembre 2022 avec plus de vingt autres personnes de « levée de fonds non autorisée », il disait avoir été condamné par contumace en juillet 2023 à deux ans de prison et à une amende, sans avoir été avisé du procès. Rien ne permet d’établir que la condamnation évoquée aujourd’hui est la même.
Ses soutiens dénoncent par ailleurs depuis 2023 le blocage de la soutenance de sa thèse, consacrée au mouvement berbériste en Kabylie, par le rectorat de l’université de Béjaïa. Une pétition a été lancée à ce sujet.
Les suites de sa présentation devant le juge n’étaient pas connues au moment où nous mettons en ligne.
Khaled ROUABAH



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