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Liberté de la presse : le journaliste Abdelali Mezghiche risque cinq ans de prison ferme

il y a 2 minutes
2 min de lecture

Le parquet a requis cinq ans de prison ferme et 200 000 DA d'amende contre le journaliste et poète Abdelali Mezghiche, jugé pour cinq délits liés à des publications sur Facebook. Détenu depuis le 9 février, il a vu l'audience s'achever sur les plaidoiries d'une défense qui conteste l'ensemble des charges.  


À l'issue des plaidoiries, le ministère public a demandé cinq ans d'emprisonnement ferme assortis d'une amende de 200 000 dinars. Mes Fatiha Rouibi et Abdallah Habboul ont exposé la nature des poursuites et leur arrière-plan, puis contesté les accusations en s'appuyant sur les textes de loi et sur les éléments du dossier.  


Le journaliste est poursuivi pour cinq délits, dont l'exposition de publications de nature à porter atteinte à l'intérêt national et l'incitation à un attroupement non armé. La diffusion de discours de haine et de racisme figure aussi parmi les chefs retenus. Selon Me Rouibi, la procédure découle de publications mises en ligne sur sa page Facebook, qui compte plus de 130 000 abonnés d'après le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Ces publications ne sont plus accessibles, précise l'organisation.  


Des lectures médiatiques et politiques rattachent son interpellation à des posts montrant Abdelaziz Belkhadem descendant d'un avion à Djanet, dans le Sud, au moment où des démarches visaient, dit-on, à apaiser des différends locaux entre composantes touarègues. Cette piste reste extérieure au dossier: aucun des chefs d'inculpation ne la mentionne.  


Plus de huit mois de détention provisoire  


Présenté le 9 février devant le parquet de Chéraga, Abdelali Mezghiche a été déféré devant le juge d'instruction, qui l'a placé en détention provisoire à la prison de Koléa après une première audition. Me Rouibi a fait appel de l'ordonnance. Après une visite à son client, elle l'a trouvé sous le choc de la nature des accusations. Lui-même considère avoir exercé son métier et son droit à s'exprimer.  


Le 22 février, la chambre d'accusation de la cour d'Alger a confirmé le placement en détention et rejeté la demande de mise en liberté provisoire. Le 13 mai, le juge d'instruction a écarté une nouvelle demande déposée par la défense. Il a finalement renvoyé le dossier devant le tribunal correctionnel, plus de sept mois après l'incarcération. L'affaire avait déjà été reportée d'une semaine par le tribunal de Chéraga avant l'audience d'aujourd'hui.  


Le jugement sera rendu le 8 novembre. Détenu depuis le 9 février, Abdelali Mezghiche attend ce verdict en prison, après plus de huit mois de détention provisoire.  



Amine B.  

 
 
 

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