Affaire Kamel Daoud : à la veille du verdict, Aïcha Dahdouh affirme son innocence et prend la parole

À la veille du verdict que doit rendre le tribunal d’Oran dans l’affaire liée au roman Houris, la prise de parole publique de Aïcha Dahdouh, épouse de Kamel Daoud et psychiatre poursuivie pour divulgation présumée de secret médical, a introduit un nouvel élément dans un dossier qui fait l’objet de procédures judiciaires en Algérie et en France.
Dans un communiqué transmis à l’AFP, Aïcha Dahdouh rejette les accusations portées contre elle et affirme : « Je suis innocente. Je n’ai pas divulgué le secret médical. Je n’ai pas volé de dossier médical. » Elle rappelle également que le secret médical constitue, selon ses termes, « l’un des fondements de l’éthique médicale » auquel elle dit être restée fidèle tout au long de sa carrière.
L’affaire trouve son origine dans les accusations formulées par Saâda Arbane, survivante des violences de la décennie noire, qui estime que des éléments de son histoire personnelle ont été repris dans le roman Houris, récompensé par le prix Goncourt en 2024. La plaignante soutient que l’écrivain aurait eu accès à certaines informations par l’intermédiaire de son épouse, qui l’avait suivie sur le plan psychiatrique. Ces accusations sont contestées par les personnes mises en cause.
Au-delà de sa défense, c’est surtout la manière dont Aïcha Dahdouh a choisi d’affirmer sa singularité qui a retenu l’attention. « La voix de Kamel Daoud ne doit pas effacer la mienne », écrit-elle, avant de préciser qu’elle ne partage pas les positions de son époux sur « trois questions essentielles, l’Algérie, l’islam et la Palestine ». Elle ajoute également : « Plus profondément encore, ce qui nous sépare, c’est le regard porté sur la douleur d’autrui. »
Ces déclarations interviennent dans un contexte où les prises de position publiques de Kamel Daoud ont régulièrement suscité des débats. Sans remettre directement en cause son mari ni se prononcer sur le fond des accusations visant l’écrivain, Aïcha Dahdouh souligne explicitement l’existence de divergences de vues sur plusieurs sujets qu’elle qualifie d’essentiels.
La psychiatre explique par ailleurs qu’elle aurait souhaité comparaître devant la justice algérienne, mais que « le retentissement des positions de Kamel Daoud » ainsi qu’une « situation familiale douloureuse » l’en ont empêchée. Aucun détail supplémentaire n’a été rendu public concernant cette situation familiale, ce qui ne permet pas d’en déterminer la nature ou l’influence exacte dans sa démarche actuelle.
À quelques heures du délibéré attendu à Oran, cette déclaration ne modifie pas les éléments judiciaires connus du dossier. Elle met toutefois en lumière la volonté d’Aïcha Dahdouh de s’exprimer en son nom propre dans une affaire où son identité publique est souvent associée à celle de son époux. Alors que le tribunal devra se prononcer sur les faits qui lui sont reprochés, son intervention contribue à distinguer sa position personnelle de celle de Kamel Daoud, tout en recentrant son discours sur la contestation des accusations dont elle fait l’objet.
Nadia B



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