Annaba : un ancien cadre de l’ONAT condamné après plus de trente ans de fuite en France

Une affaire de détournement de fonds remontant aux années 1990 a connu son épilogue judiciaire devant la cour criminelle près la cour de justice d’Annaba. Un ancien chef du service commercial de l’antenne locale de l’Office national du tourisme et des voyages (ONAT), en fuite pendant plus de trois décennies en France, a été condamné à quatre ans de prison ferme et à une amende après s’être récemment constitué prisonnier.
Le dossier porte sur un détournement estimé à plus de 800 millions de centimes, commis durant la période de la décennie noire. Selon les éléments rapportés par la presse, l’ancien responsable était poursuivi aux côtés de l’ex-directeur de l’agence de l’ONAT d’Annaba pour des faits de dissipation de deniers publics, de transfert de fonds à des fins personnelles ou au profit de tiers, ainsi que pour faux, usage de faux et destruction de documents administratifs.
L’affaire trouve son origine dans une plainte déposée par un employé de l’agence auprès du procureur de la République d’Annaba. Les révélations de ce salarié ont conduit à l’ouverture d’une information judiciaire le 8 mai 1996. Les investigations, centrées sur la commercialisation de billets de transport aérien et maritime vers l’étranger, ont d’abord mis au jour un déficit évalué à 330 millions de centimes avant que les contrôles approfondis ne révèlent un préjudice dépassant les 800 millions de centimes.
Les enquêteurs ont notamment découvert que des recettes issues de la vente de billets de l’Air Algérie et de l’Entreprise nationale de transport maritime de voyageurs (ENTMV) n’étaient pas systématiquement versées sur les comptes de l’établissement public, mais auraient été redirigées vers des comptes privés.
Avant son retour en Algérie, l’ancien responsable faisait déjà l’objet d’une condamnation par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité. Son retour devant la justice a permis la réouverture de son dossier et la tenue d’un nouveau procès, qui s’est soldé par une peine de quatre années d’emprisonnement.
Plus de trente ans après les faits présumés, cette affaire rappelle que certains dossiers de corruption et de détournement de deniers publics hérités de la décennie noire continuent de ressurgir devant les tribunaux, à mesure que d’anciens protagonistes réapparaissent ou sont localisés par les autorités judiciaires.
Yacine M



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