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Slimane Bouhafs : un témoignage sur la persécution religieuse et le combat pour la liberté de conscience

il y a 55 minutes
3 min de lecture

Dans un livre de près de 200 pages, Slimane Bouhafs raconte sa conversion au christianisme, ses années de détention et les violences qu’il affirme avoir subies en Algérie et en Tunisie. À travers ce témoignage, il entend alerter l’opinion internationale sur la liberté de conscience et le sort des personnes qu’il estime injustement emprisonnées.


« Le bruit de la porte qui se referme » : le titre du livre de Slimane Bouhafs évoque à lui seul l’enfermement et la rupture. Dans cet ouvrage autobiographique, l’auteur revient sur un parcours qu’il décrit comme marqué par les persécutions, la détention et une lutte permanente pour faire reconnaître ses droits.


L’histoire commence en 1998, lorsqu’il se convertit de l’islam au christianisme. Selon son témoignage, ce choix religieux bouleverse durablement son existence. Il affirme avoir subi des menaces, des violences et différentes formes de persécution en raison de sa foi.


En 2016, il est emprisonné en Algérie. Libéré en 2018, il quitte ensuite le pays pour la Tunisie, où il sollicite une protection internationale et obtient, selon son récit, le statut de réfugié. Mais, affirme-t-il, son départ ne lui permet pas de retrouver durablement la sécurité.


Un nouvel épisode de détention après son départ en Tunisie


En 2021, alors qu’il se trouve en Tunisie, Slimane Bouhafs affirme avoir été enlevé dans des circonstances particulièrement violentes. Il déclare avoir été emmené de force, déshabillé, battu et torturé. Il rapporte également avoir été blessé à l’abdomen par un coup de couteau, ainsi qu’aux mains et aux genoux.


Il affirme avoir ensuite été transféré en Algérie, où il dit avoir passé plus de trois ans en détention avant sa libération en 2024. Ces déclarations constituent un élément central de son livre.


Aujourd’hui, Slimane Bouhafs affirme que les conséquences de ces événements continuent d’affecter sa vie. Il évoque des difficultés concernant ses droits, sa situation administrative et sa pension. Il dit espérer obtenir justice, bénéficier d’une protection effective et retrouver des conditions de vie dignes.


La liberté religieuse au cœur de son témoignage


Au-delà de son parcours personnel, l’auteur souhaite donner une dimension collective à son récit. Il entend attirer l’attention sur les personnes qu’il considère comme détenues injustement, sur les chrétiens qui, selon lui, ne peuvent pratiquer librement leur religion et sur celles et ceux dont les souffrances restent peu entendues.


Son appel concerne notamment la Kabylie et, plus largement, l’Algérie. Il souhaite que les chrétiens puissent se réunir dans des églises, pratiquer leur foi ouvertement et vivre sans discrimination ni menace.


Slimane Bouhafs défend également le droit de chacun de choisir sa religion et de vivre selon ses convictions. Il affirme respecter les juifs, les musulmans, les chrétiens et les personnes de toutes croyances. Sa démarche, explique-t-il, ne vise pas à opposer les religions, mais à promouvoir la liberté de conscience et le respect mutuel.


Il inscrit par ailleurs sa conversion dans une réflexion sur les racines historiques et religieuses de son pays, qu’il estime liées à l’histoire ancienne du christianisme dans la région.


Un livre destiné à dépasser les frontières


Avec cet ouvrage, Slimane Bouhafs entend s’adresser à un public international. Il appelle les journalistes, les écrivains, les défenseurs des droits humains et les organisations de solidarité à contribuer à faire connaître son histoire et à soutenir la diffusion du livre dans les librairies et les réseaux de distribution à travers le monde.


Il nourrit également un autre projet : voir son parcours adapté au cinéma. Il souhaite qu’un long-métrage international soit consacré à son histoire, sur la base de son témoignage, sans déformation des faits qu’il rapporte.


Pour l’auteur, l’enjeu dépasse ainsi la publication d’un récit autobiographique. Il s’agit de faire entendre une voix, de susciter un débat sur la liberté religieuse et de rappeler les obligations de protection des droits fondamentaux.


À travers « Le bruit de la porte qui se referme », Slimane Bouhafs veut transformer son expérience en un plaidoyer pour la justice et la dignité humaine. Son message s’adresse aussi bien aux croyants qu’aux non-croyants : nul ne devrait avoir à craindre pour sa liberté ou sa sécurité en raison de ses convictions.


Son témoignage soulève des questions qui dépassent son seul parcours : celles de la liberté de conscience, de la protection des personnes persécutées et de la nécessité d’établir les faits afin que justice puisse être rendue.



Nadia B

 
 
 

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