Détente fragile entre Alger et Paris : premiers gestes, premières limites
- 4 mars
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Dernière mise à jour : 5 mars

Deux semaines après la visite à Alger du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nunez, la situation commence à évoluer. Les autorités algériennes ont fait un premier geste en acceptant de reprendre un ressortissant algérien considéré comme dangereux par Paris.
C’est le premier de ce genre à être accepté par les autorités algériennes depuis de très longs mois. Même modeste, ce geste est accepté par le gouvernement français à sa juste valeur, surtout qu’il s’agit là d’un des sujets les plus problématiques qui avaient empoisonné les relations algéro-françaises depuis de longs mois.
En contrepartie, les autorités françaises ont donné leur accord pour l’installation de tous les consuls algériens qui n’avaient pas pu rejoindre leurs postes à cause de l’embargo français en représailles au refus de l’Algérie d’accueillir des OQTF.
Dans le domaine sécuritaire, les discussions entre les responsables des deux pays ont été fructueuses, indiquent des sources concordantes. Les chefs des gendarmeries, des polices et des services de renseignements ont même établi des canevas de coopération et d’échanges. Mais pour l’instant, cela est resté au stade des intentions. On sait en revanche que le Président Abdelmadjid Tebboune a instruit les responsables de la Direction générale de la sécurité nationale (DGSN), de la Gendarmerie nationale et des services de renseignements dépendant de la présidence et du ministère de la Défense de « coopérer » positivement avec leurs homologues français.
Dans le dossier mémoriel, la France a accompli deux gestes envers l’Algérie. Le premier consiste à donner un statut aux victimes algériennes des essais nucléaires et le second est lié au vote d’une loi permettant au gouvernement français de prendre un décret permettant de restituer à l’Algérie et à d’anciennes colonies des objets historiques volés durant la période coloniale. Il s’agit de manuscrits, d’ossements, de tableaux, d’armes et des objets ayant appartenu à des personnalités historiques algériennes. En revanche, il n’y a rien qui détermine la poursuite ou non du travail de la commission mixte d’historiens issus des deux pays.
Lors de sa visite à Alger les 16 et 17 février, Laurent Nunez a notamment rencontré le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune à qui il a transmis une lettre manuscrite du président français, Emmanuel Macron. C’est le premier contact entre les deux Présidents depuis avril 2025. Car, depuis le dernier appel téléphonique entre Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron qui a permis de renouer les relations pour quelques jours, les deux chefs d’Etats ne se sont pas parlés. Pire, le président algérien a refusé, à plusieurs reprises, de répondre aux appels téléphoniques de son homologue français.
Mais le retour à la normale n’est pas pour autant garanti. Une déclaration ou un article de presse qui ne plaira pas aux autorités algériennes pourrait servir de déclencheur à une nouvelle crise.
Essaid Wakli



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