Economie algérienne : les mises en garde du FMI

Dans une note publiée lundi 21 septembre, le Fonds monétaire international (FMI), met en garde les autorités algériennes sur le risque de voir les réserves de changes s’épuiser d’ici 5 ans et contre le recours systématique à la planche à billets.
Dans ce document élaboré par un groupe d’administrateurs du FMI ayant visité l’Algérie début septembre, il est établi que si « la hausse des prix des hydrocarbures devrait stimuler les exportations et les recettes budgétaires » et la croissance du PIB devant « rester robuste à 3,8 % en 2026 », l'inflation « devrait augmenter temporairement ». Le déficit budgétaire « devrait rester élevé, avec la poursuite du financement monétaire, tandis que le déficit extérieur devrait diminuer sous l'effet de la hausse des prix des hydrocarbures et de la baisse des importations. À moyen terme, la croissance devrait ralentir, tandis que le maintien de déficits budgétaires élevés augmenterait la dette publique et que des déficits extérieurs persistants réduiraient progressivement les réserves internationales ».
Trésor des autorités algériennes, les réserves de change sont dans le rouge, indique le document des experts du FMI qui estiment que ce matelas en devises a baissé de près de 18 milliards de dollars entre 2024 (68,9 milliards de dollars) et 2025 (51 milliards de dollars). Les prévisions indiquent que l’Algérie disposera de 46 milliards de dollars à la fin de l’année en cours et le chiffre descendra sous la barre de 20 milliards de dollars en 2031, ce qui couvrira seulement 3,3 mois d’importations. Cela est lié à la baisse des prix du pétrole (en hausse conjoncturelle actuellement) et surtout à la hausse des importations malgré le serrage des vis du ministère du Commerce extérieur.
En revanche, le FMI estime qu’à court terme, l’économie algérienne est résiliente. Le document note une croissance du PIB réel estimée à 3,9 % en 2025 (contre 3,7 % en 2024), « soutenue par la vigueur de l’investissements ». Les administrateurs ont « ont salué la robustesse de la croissance en Algerie et les efforts de diversification, soutenus par une stratégie axée sur l'investissement public », note encore le texte qui met en revanche le point sur les risques de l’économie algérienne à moyen et long terme. Cela concerne notamment le recours au financement non-conventionnel, donc la planche à billet, et le déficit budgétaire qui s’installe et qui a dépassé le seuil de 10% du PIB du pays l’an dernier. Les prévisions de croissance sont toujours positives pour les années à venir, mais l’évolution de l’économie algérienne sera plus lente qu’elle ne l’est actuellement.
Essaid Wakli



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