Entre Paris et Alger, le Maroc fait disjoncter
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Après seulement quelques jours de réchauffement, les relations algéro-françaises entrent, à nouveau, dans une nouvelle période de glaciation. Une visite effectuée la semaine dernière à Rabat par le ministre français des Affaires Etrangères, Jean-Noël Barrot, a suscité la colère d’Alger qui a réagi en commandant des articles véhéments publiés dans certains quotidiens francophones et arabophones.

Lors d’un déplacement au Maroc, le ministre français des Affaires Etrangères a en effet répété, mot à mot, la position de son pays par rapport à la question du Sahara occidental, telle qu’elle était exprimée en juillet 2024 par le président Emmanuel Macron. Cela a suffi au pouvoir algérien de voir en cela une provocation supplémentaire, une contradiction avec le ton plutôt conciliant affiché quelques jours plutôt par le Garde des sceaux français, Gérald Darmanin. Les autorités algériennes ont alors déclenché une campagne de dénigrement par des journaux (notamment El Khabar, El Watan et le Soir d’Algérie) contre la France et plus particulièrement son ministre des Affaires Etrangères.
Sous le titre « un acte de sabotage en règle », le quotidien francophone El Watan, jusque-là peu habitué aux diatribes anti-France, qualifie, dans un article paru le lundi 25 mai, le ministre français des Affaires Etrangères de « ministre de paille transparent ». « Le ministre des Affaires étrangères a été réduit à l’état de figurant, un ministre sans envergure, dont les plates-bandes ont été piétinées sans le moindre respect par la place Beauvau. Barrot n’a pas seulement laissé Retailleau piétiner son domaine ; il lui a abandonné les rênes. C’était le ministre de l’Intérieur, et non lui, qui gérait en direct le dossier névralgique de l’Algérie à l’international, imposant sa rhétorique, tandis que Barrot, tétanisé, hochait la tête », note le quotidien qui fait référence à la lutte que se livraient les deux ministres français sur la position à prendre vis-à-vis de l’Algérie. El Khabar a publié un article similaire, tandis que Le Soir d’Algérie, a mis en Une un billet dithyrambique sur l’armée algérienne, devenue « le cauchemar » de la presse française où il s’en est pris à des médias français qui ont consacré des écrits aux changements opérés au sein des services de Renseignements algériens.
Face aux attaques, l’ambassadeur de France à Alger, Stéphane Romatet, s’est vu dans l’obligation de répliquer. Il a notamment relevé le manque de respect affiché par l’article d’El Watan contre Jean-Noël Barrot. « Je crois qu’on a une exigence qui est tout simplement de reprendre, parce que c’est notre intérêt, c’est l’intérêt de la France, parce que l’Algérie, c’est le plus grand pays d’Afrique, parce que nous avons des enjeux, en particulier de sécurité, avec ce pays qui commandent tout simplement de retrouver un chemin entre Paris et Alger », a-t-il néanmoins nuancé dans une interview accordée à RFI.
Cette nouvelle montée de fièvre entre Alger et Paris semble arranger l’ancien ministre français de l’intérieur, promoteur d’une attitude de fermeté vis-à-vis de l’Algérie. « La multiplication des visites de courtoisie des ministres français qui se succèdent à Alger n’y change rien. Le discours anti-France est le carburant de ce pouvoir autoritaire », a-t-il noté dans un tweet. C’est la preuve supplémentaire que les relations algéro-françaises ne sont jamais saines. Elles sont assises sur un volcan qui explose à la moindre secousse !
Essaïd Wakli



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