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Essais nucléaires: Alger poursuit le nettoyage d'In Ekker et reproche à Paris de garder ses cartes

il y a 3 minutes
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L'armée algérienne a engagé, ce dimanche 1er novembre, la deuxième opération de dépollution du site d'essais souterrains d'In Ekker, dans la wilaya de Tamanrasset. Le ministère de la Défense nationale rappelle à cette occasion que la France n'a toujours pas livré les registres et les cartes des zones où ont été enfouis les déchets radioactifs. Sans ces plans, le chantier avance sans connaître l'étendue exacte de ce qui reste sous le sable.


Le MDN a annoncé le lancement de ce second chantier sur le site du tunnel « Béryl 2E », selon sa dénomination, dans la 6e Région militaire. L'opération est conduite avec des moyens exclusivement nationaux, sous la supervision de l'armée et en coordination avec l'Agence nationale de réhabilitation des anciens sites d'essais et d'explosions nucléaires français. Les équipes délimitent les zones contaminées, regroupent les déchets et les enferment dans des conteneurs en béton, en application des normes nationales et internationales de sécurité radiologique. Cette phase prolonge le nettoyage partiel engagé dans la même région en février dernier.


Le choix du 1er novembre, jour du 72e anniversaire du déclenchement de la guerre de libération, donne à l'opération une portée politique que le communiqué assume. Entre 1960 et 1966, la France a conduit dix-sept essais dans le Sahara, quatre dans l'atmosphère à Reggane et treize sous terre à In Ekker. Celui du 1er mai 1962, baptisé « Béryl », a échappé au confinement prévu et contaminé des militaires français ainsi que des populations voisines. Soixante ans plus tard, l'Algérie dit vouloir parvenir à un nettoyage total, préalable à la réhabilitation des sites.


Un dossier de cartes qui reste au cœur du litige


C'est sur ce point que le MDN se montre le plus ferme. Il accuse la partie française de se dérober à sa responsabilité et de refuser de transmettre les registres et les cartes des sites d'enfouissement. Selon le ministère, ces déchets continuent de freiner le développement à In Ekker, dans la wilaya de Tamanrasset, comme à Reggane, dans celle d'Adrar. Les équipes algériennes doivent donc localiser par leurs propres moyens des matières que l'armée française avait ensevelies avant son départ, ce qui rend la tâche longue et coûteuse. Le président Abdelmadjid Tebboune avait lui-même lancé à Paris, en octobre 2024, l'invitation à « venir nettoyer » les sites, sans obtenir de réponse.


Paris donne une tout autre version des faits. Interrogée en septembre par la députée écologiste Sabrina Sebaihi, la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, a rappelé que les installations avaient été démantelées et les sites restitués conformément aux accords d'Évian. Elle a cité la mission de l'AIEA de 1999, le groupe de travail franco-algérien créé en 2008 et, surtout, la remise au président Tebboune, lors de la visite d'Emmanuel Macron en 2022, d'« un dossier réunissant toutes les cartes et informations dont la France dispose ». Le communiqué du MDN ne dit pas ce que contient ce dossier, ni en quoi il serait insuffisant, et ne précise ni le volume de déchets à traiter ni le coût de l'opération.


L'armée assure en tout cas qu'elle poursuivra seule, avec ses compétences nationales, jusqu'à l'assainissement complet des sites. La question des plans, elle, demeure le point de désaccord le plus visible entre Alger et Paris sur ce dossier mémoriel



Khaled ROUABAH



 
 
 

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