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Gaz algérien : Paris demande plus, Alger produit moins

il y a 7 heures
2 min de lecture

Paris a sollicité Alger pour des livraisons supplémentaires de pétrole et de GNL, une demande que la presse algérienne qualifie d'« urgente ». Depuis le déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, la France est devenue le premier client du GNL algérien. Elle y est arrivée en mars avec 347 000 tonnes, devant la Turquie. La perturbation des flux par le détroit d'Ormuz pousse les Européens à se tourner vers les fournisseurs de proximité.


À l'approche de l'hiver, la France frappe à la porte d'Alger. Paris a sollicité l'Algérie pour des livraisons supplémentaires de pétrole et de GNL, au moment même où les exportations algériennes de GNL ont touché, au premier semestre 2026, leur plus bas niveau semestriel depuis 2013. D'un côté, une demande européenne dopée par les perturbations liées à la guerre au Moyen-Orient. De l'autre, une offre algérienne qui s'érode depuis plusieurs années. Entre les deux, des relations bilatérales encore marquées par la défiance. Cette analyse examine comment ces deux mouvements se croisent, et ce qu'ils révèlent du rapport de force énergétique entre Paris et Alger.


Le poids de l'Algérie reste réel. En 2024, elle a fourni à la France pour 6,2 milliards d'euros de marchandises, essentiellement du gaz, du pétrole et des produits pétroliers. Mais ce lien ne fait pas de l'Algérie un fournisseur sans alternative : la France diversifie ses sources depuis la crise de 2022.


Une offre qui s'érode


Le problème est de l'autre côté. Les exportations algériennes de GNL ont atteint 4,47 millions de tonnes au premier semestre 2026, leur plus faible volume semestriel depuis 2013. La tendance est ancienne : les exportations sont passées de 13,45 millions de tonnes en 2023 à 11,62 en 2024, puis 9,54 en 2025. Des opérations de maintenance expliquent en partie le recul du premier semestre. Un redressement partiel est visible : mai a dépassé le million de tonnes, et l'Algérie a commencé à répondre en partie à la pénurie liée à Ormuz, avec de premières livraisons vers l'Allemagne.


Cette marge de manœuvre limitée donne à Alger un levier, mais l'oblige à arbitrer entre ses clients. Cinq pays absorbent plus de 90 % de ses exportations de GNL, et la Turquie, l'Allemagne et d'autres clients peuvent aussi réclamer des volumes. Les tensions franco-algériennes compliquent le tableau : L'Express rappelait fin 2025 que le journaliste Christophe Gleizes était détenu en Algérie. Les relations bilatérales peuvent donc peser sur la négociation, même si le commerce énergétique a longtemps résisté aux crises politiques.


Reste à savoir si la hausse de mai sera durable après les maintenances, et si Sonatrach acceptera de privilégier la France.


Yacine M


 
 
 

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