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Huit mois après son incarcération, l’historien Tahar Ouhachi fixé sur la date de son procès

il y a 10 heures
2 min de lecture

Huit mois après son placement en détention provisoire, l’universitaire et historien Tahar Ouhachi connaît enfin la date de son procès. Il sera jugé par le tribunal d’El-Affroun (Blida) le 31 décembre prochain, a annoncé son avocate, Fetta Sadat.


Placée sous mandat de dépôt le 15 février 2026 par le juge d’instruction près le tribunal d’El-Affroun, cette figure du monde universitaire algérien est poursuivie pour le crime « d’apologie des actes terroristes en utilisant les technologies de la communication et de l'information » ainsi que pour le délit de « propagation de fausses informations susceptibles de porter atteinte à l'ordre public et à la sécurité publique ».


Spécialiste de l’histoire antique et enseignant-chercheur depuis près de vingt ans à l’université de Blida, Tahar Ouhachi est connu pour ses travaux sur les pratiques historiographiques en Algérie et sur l’histoire du mouvement national. Avant son arrestation, il avait achevé une thèse consacrée à l’histoire romaine dans l’historiographie algérienne, déposée auprès du comité scientifique de l’Université d’Alger.


Lundi dernier, Ouhachi a reçu la visite de l’avocat Mostefa Bouchachi, membre de son collectif de défense. Les échanges ont notamment porté sur la programmation du procès et sur sa situation judiciaire.


Selon plusieurs sources proches du dossier, la justice lui reproche des « contacts » avec des responsables du MAK. Une accusation que l’universitaire a contestée au cours de l’instruction, affirmant que les échanges qu’il a pu avoir relevaient exclusivement de son activité d’enseignant-chercheur et de ses travaux académiques.


Le dossier a franchi une nouvelle étape en mai dernier lorsque la chambre d’accusation près la cour de Blida a décidé de renvoyer Tahar Ouhachi devant la juridiction criminelle, sur la base notamment des articles 87 bis 4, 87 bis 12 et 196 bis du Code pénal.


Son incarcération a provoqué une vive émotion dans les milieux universitaires, parmi les défenseurs des droits humains et au sein de plusieurs formations politiques. Des organisations et observateurs y voient une atteinte à la liberté académique et à la liberté d’expression, soulignant que l’enseignant n’était pas connu pour des activités violentes ou subversives.


À l’université où il enseigne comme dans son entourage, ses collègues et ses proches décrivent un homme discret, respecté et reconnu pour sa rigueur scientifique. Son état de santé a également suscité des inquiétudes. Diabétique insulinodépendant, il est détenu depuis plusieurs mois dans des conditions que ses soutiens jugent particulièrement éprouvantes.


Comme pour de nombreux détenus d’opinion, l’affaire Tahar Ouhachi est devenue, pour ses soutiens, le symbole du durcissement observé en Algérie depuis le Hirak. Dans les prisons du pays demeurent encore des militants, journalistes, activistes et simples citoyens poursuivis en raison de leurs publications sur les réseaux sociaux, de leurs opinions ou de leurs prises de parole publiques. Les appels des organisations de défense des droits humains en faveur de leur libération continuent, pour l’heure, de rester sans effet.


Essaïd Wakli

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