Jil Jadid alerte sur la fermeture du champ politique et confirme sa participation aux législatives
- il y a 8 heures
- 3 min de lecture

Le parti Jil Jadid a réuni, samedi 11 avril 2026 à Alger, son Conseil national en session ordinaire, sous la présidence du Dr Lakhdar Amokrane. Cette rencontre intervient au lendemain de la convocation du corps électoral pour les législatives du 2 juillet 2026, dans un contexte que le parti qualifie de « charnière », marqué par des transformations internes profondes et des tensions géopolitiques majeures. Les membres du Conseil ont passé en revue la situation politique, économique et sociale du pays, tout en analysant les évolutions internationales et en définissant la stratégie du parti pour les prochaines échéances.
Dans son communiqué, Jil Jadid exprime sa préoccupation face à l’accumulation de réformes récentes — révision constitutionnelle, nouvelle loi sur les partis, amendement de la loi électorale — adoptées sans véritable concertation. Si ces textes peuvent paraître techniques, leur succession traduit, selon le parti, une orientation politique visant à encadrer davantage le champ politique et à sélectionner progressivement les acteurs autorisés à y participer. Le parti estime que cette dynamique ne se limite plus à modifier les règles du jeu, mais tend à redéfinir les conditions d’accès à la compétition politique, renforçant le rôle de l’administration sans répondre au défi essentiel : restaurer la confiance entre citoyens et institutions.
Malgré ces contraintes, Jil Jadid confirme sa participation aux élections législatives du 2 juillet ainsi qu’aux prochaines élections locales. Ce choix, qualifié de « responsable », vise à refuser la logique de fermeture, à maintenir un lien direct avec les citoyens et à défendre le pluralisme « par la pratique et non par les slogans ». Le parti considère que l’abstention ne constitue pas une réponse durable à la crise de confiance et qu’il est nécessaire de rester présent pour proposer une alternative politique sérieuse et démocratique.
Le Conseil national annonce également la création d’une Commission nationale des élections, chargée de préparer et superviser le processus électoral interne, de sélectionner les candidats selon des critères de compétence et d’intégrité, et de suivre le déroulement de la campagne. Une attention particulière sera accordée à la participation des femmes et des jeunes, présentée comme une exigence politique et non comme une simple obligation légale.
Sur le plan politique, le parti estime que les réformes qualifiées de « techniques » ne répondent pas aux attentes de la société. Dans un contexte de crise de confiance profonde, Jil Jadid considère qu’il aurait fallu davantage d’ouverture, de garanties et d’inclusion. Sans volonté politique réelle, affirme-t-il, aucune réforme ne peut produire une légitimité durable. Le parti rappelle qu’il porte un projet fondé sur la restauration de la confiance, l’élargissement des libertés politiques, la transparence, la redevabilité et la réhabilitation de l’action politique.
Concernant la situation sociale et économique, Jil Jadid alerte sur la dégradation du pouvoir d’achat et la montée des tensions sociales. Il estime que les réponses purement techniques sont insuffisantes face à une crise structurelle et que la réussite de toute politique économique dépend d’institutions crédibles et représentatives. Le changement politique est présenté comme une condition préalable à toute réforme économique sérieuse.
Le communiqué revient également sur les tensions géopolitiques internationales, notamment la guerre menée contre l’Iran par les États-Unis et Israël. Jil Jadid y voit un facteur majeur d’instabilité régionale et internationale, susceptible d’accentuer les risques de fragmentation du système international et de renforcer les dynamiques de polarisation. Le parti souligne les répercussions directes et indirectes pour l’Algérie : pressions sur les équilibres économiques et énergétiques, risques accrus d’instabilité régionale et reconfiguration des équilibres stratégiques en Méditerranée et en Afrique. Dans ce contexte, la cohésion interne est jugée indispensable, mais elle ne peut être durable que si elle repose sur des institutions légitimes issues d’un processus transparent et inclusif.
Jil Jadid adresse enfin un double message. Aux citoyens, il affirme comprendre la défiance, mais estime que l’abstention ne constitue pas une solution. Participer, selon le parti, c’est refuser la marginalisation politique et empêcher la confiscation de la décision. Aux autorités, il demande, à court terme, des garanties de transparence, d’égalité d’accès aux médias publics, de levée des obstacles administratifs et de neutralité de l’administration. À moyen terme, il appelle à un dialogue politique sérieux, à la réhabilitation de la vie associative, à la garantie effective des libertés publiques et à une réforme politique fondée sur la participation plutôt que sur le contrôle.
En conclusion, Jil Jadid réaffirme sa participation aux élections dans un esprit de responsabilité, pour défendre la dignité des Algériens et leur droit à un État de droit moderne, juste et démocratique.
Yacine M



Commentaires