L’Algérie accepte enfin le retour de ses ressortissants expulsés de Belgique
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L’Algérie et la Belgique ont franchi une étape diplomatique importante en signant un accord de réadmission destiné à faciliter le retour des ressortissants algériens en séjour irrégulier sur le territoire belge.
Cet engagement, conclu à l’occasion de la visite du ministre algérien des Affaires étrangères à Bruxelles, met fin à plusieurs années de tensions et de blocages administratifs entre les deux pays. Jusqu’ici, les autorités belges peinaient à obtenir l’identification et la délivrance de laissez‑passer nécessaires aux expulsions, ce qui limitait drastiquement le nombre de retours effectifs. En 2024, seuls 85 Algériens avaient été renvoyés sur 2 251 décisions d’éloignement, un taux particulièrement faible qui alimentait les critiques sur l’inefficacité de la politique migratoire.
L’accord signé prévoit une accélération notable des procédures. L’Algérie s’engage désormais à confirmer l’identité de ses ressortissants dans un délai d’environ deux semaines, contre plusieurs mois auparavant. La validité des laissez‑passer, jusque‑là limitée à 24 heures, sera portée à 30 jours, offrant une marge logistique bien plus confortable pour organiser les retours. Les expulsions groupées seront également facilitées, avec la possibilité d’effectuer des vols directs ou avec escale, et la présence d’escortes algériennes lors des opérations les plus sensibles.
Ce rapprochement intervient dans un contexte de forte pression sur les prisons belges. Près de 780 personnes se déclarant algériennes sont actuellement incarcérées, dont environ 700 en situation irrégulière. Le gouvernement belge, confronté à une surpopulation carcérale chronique, voit dans cet accord un levier essentiel pour désengorger les établissements pénitentiaires et renforcer l’exécution des décisions d’éloignement. Les autorités algériennes, de leur côté, obtiennent en contrepartie une exemption de visa pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de service, signe d’un réchauffement diplomatique plus large entre les deux capitales.
Présenté comme « historique » par la ministre belge de l’Asile et de la Migration, l’accord marque un tournant dans une relation longtemps marquée par la méfiance et les lenteurs administratives. Reste à voir si sa mise en œuvre permettra réellement d’inverser la tendance et d’augmenter significativement le nombre de retours, un enjeu majeur pour Bruxelles comme pour Alger.
Yacine M