La reprise des importations de véhicules toujours en suspens malgré les annonces officielles
- cfda47
- il y a 10 heures
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Alors que le gouvernement a confirmé la relance encadrée des importations de véhicules, le marché automobile algérien reste dans l’attente. Les concessionnaires, les consommateurs et les constructeurs étrangers guettent la publication des derniers textes réglementaires, indispensables pour lancer les premières commandes. Après plusieurs années de blocage, l’enjeu est considérable : rééquilibrer un marché asphyxié et répondre à une demande devenue explosive.
Après plusieurs années de blocage et d’annonces successives, le dossier de l’importation de véhicules revient au premier plan en Algérie. Entre attentes des consommateurs, prudence du gouvernement et incertitudes réglementaires, le marché automobile reste suspendu à la publication des derniers textes qui doivent enfin permettre aux concessionnaires de relancer les commandes. Une situation qui cristallise les tensions et révèle les enjeux économiques d’un secteur stratégique.
Un marché paralysé depuis près d’une décennie
Depuis 2017, l’Algérie a drastiquement limité l’importation de véhicules neufs et d’occasion. L’objectif affiché était double : protéger les réserves de change et encourager l’émergence d’une industrie automobile locale.
Mais les résultats ont été mitigés. La fermeture du marché a entraîné une flambée des prix sur le marché de l’occasion, une pénurie de modèles récents, une dépendance accrue aux importations informelles et une frustration généralisée des consommateurs.
Les tentatives de relance successives — en 2020, 2022 et 2023 — ont été freinées par des changements réglementaires et des exigences administratives complexes.
Une reprise annoncée, mais encore bloquée par l’absence de textes
Fin 2025, le gouvernement a validé le principe d’une reprise « encadrée et progressive » des importations. Cependant, dans les faits, aucun concessionnaire n’a encore pu passer commande.
La raison est simple : les décrets d’application définitifs n’ont pas été publiés, laissant les opérateurs dans un flou juridique total.
Les concessionnaires attendent notamment la liste officielle des marques autorisées, les quotas d’importation par opérateur, les normes techniques obligatoires, les conditions financières et douanières et les obligations en matière de service après‑vente.
Tant que ces éléments ne sont pas clarifiés, les agréments déjà accordés restent théoriques.
Le gouvernement avance avec précaution pour plusieurs raisons : Préserver les réserves de change et encourager l’industrie locale.
L’importation massive de véhicules avait coûté plusieurs milliards de dollars par an avant 2017. L’État veut éviter un retour à cette situation.
Avec l’installation de Fiat à Oran et la relance partielle de Renault, les autorités veulent protéger la production nationale. Les importations devront donc coexister sans étouffer les usines locales.
Les anciennes filières d’importation avaient été marquées par des scandales de surfacturation et de corruption. Le nouveau cadre vise à verrouiller ces dérives.
Les marques les plus attendues
Selon les agréments déjà évoqués publiquement, plusieurs constructeurs sont en pole position :
• Fiat, déjà en production locale,
• Renault et Dacia,
• Volkswagen,
• Hyundai et Kia,
• plusieurs marques chinoises (Chery, Geely, JAC), très compétitives sur les prix.
Les constructeurs chinois pourraient jouer un rôle majeur, grâce à leur capacité à proposer des modèles abordables et rapidement disponibles.
Un impact direct sur les consommateurs
Pour les ménages algériens, l’enjeu est crucial.
Le marché de l’occasion a atteint des niveaux record, avec des véhicules de plus de dix ans vendus à des prix parfois supérieurs à ceux du neuf dans d’autres pays.
La reprise des importations pourrait faire baisser progressivement les prix, diversifier l’offre et améliorer la sécurité et la qualité des véhicules en circulation.
Mais les experts préviennent : les prix resteront élevés au début, le temps que la concurrence s’installe.
Une attente qui devient sociale
La question automobile dépasse désormais le cadre économique. Elle touche au quotidien des familles, à la mobilité professionnelle et au pouvoir d’achat.
Chaque nouvelle déclaration officielle suscite espoir et scepticisme. Pour l’heure, les concessionnaires restent prêts, les consommateurs impatients, et les constructeurs étrangers attentifs.
La balle est dans le camp du gouvernement, qui devra trancher rapidement pour éviter un nouveau cycle d’incertitude.
Yacine M



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