Le FMI met en garde contre le recours systématique à la planche à billets
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Dans une lettre publiée après une visite en juin à Alger, une mission du Fonds monétaire (FMI) a révélé que l’Algérie imprimait des billets de banque pour faire face au déficit chronique de son budget. Le document met en avant « des recours persistant au financement monétaire » qui « pourraient compromettre la stabilité des prix et la crédibilité de la politique économique ». En plus de cela, l’institution de Bretton woods relève une autre fragilité de l’économie algérienne, en jugeant que « les risques pesant sur les perspectives économiques de l'Algérie sont principalement liés à la volatilité des prix des hydrocarbures, à la persistance de déficits budgétaires élevés et aux liens financiers importants entre l'État, les entreprises publiques et les banques publiques. »
Au-delà de ses fragilités, le FMI indique dans ce document publié le 06 juillet, que « la croissance est restée robuste en 2025 et atteindrait 3,9 % selon les estimations, soutenue par des investissements importants, tandis que la croissance du secteur des hydrocarbures est restée modérée. » Les cadres de cette instance ont également rappelé que « le déficit budgétaire a diminué en 2025, à 10,5 % du PIB, grâce aux dividendes élevés ponctuels des entreprises publiques et de la Banque d'Algérie ainsi qu'à l'augmentation des recettes hors hydrocarbures, mais il reste très élevé ». En revanche, « l'inflation a augmentée depuis septembre 2025, sous l’effet de la hausse importante du prix des bijoux et de l’augmentation modérée du prix des produits alimentaires ».
Toujours dans le volet « positif », le document du FMI, qui précède le rapport annuel de cette institution, projettent que « les perspectives à court terme demeurent globalement positives, car la hausse des prix des hydrocarbures devrait augmenter les exportations et les recettes budgétaires. La croissance du PIB devrait rester robuste à 3,8 % en 2026. L'inflation devrait s'accélérer temporairement. Le déficit extérieur devrait baisser sous l'effet de la hausse des prix des hydrocarbures et de la baisse des importations. Le déficit budgétaire devrait rester élevé. »
Dans ses recommandations, le FMI suggère à court terme une « consolidation budgétaire importante, compte tenu notamment de la détérioration du déficit extérieur, en partie due à l'investissement public ». De plus, le recours au financement monétaire « devrait être évité, et la politique monétaire devrait être resserrée si l ’accélération de l’inflation continue ». A cela s’ajoute « une meilleure gestion de la liquidité permettrait de rapprocher le taux interbancaire du taux directeur et de renforcer la transmission de la politique monétaire ».
Sans surprise, le FMI incite le gouvernement algérien à la mobilisation « de nouvelles recettes hors hydrocarbures et la rationalisation des dépenses ». Les mesures visant à accroître les recettes « devraient inclure l'élargissement de l'assiette fiscale, la réduction des dépenses fiscales et le renforcement des efforts de l'administration fiscale pour améliorer le respect des obligations fiscales et réduire l'informalité grâce à la numérisation et à des contrôles plus stricts », note encore le document.
Essaïd Wakli