Louisa Hanoune visée par une plainte en diffamation du ministre de l'Éducation
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La secrétaire générale du Parti des travailleurs affirme avoir reçu, à la mi-juin, une citation directe déposée à titre personnel par Mohamed Seghir Saâdaoui, après ses accusations d'entorse à la neutralité administrative durant les législatives du 2 juillet.
C'est au terme d'une conférence de presse consacrée au bilan du scrutin législatif que Louisa Hanoune a révélé, mardi, faire l'objet d'une plainte en diffamation. La secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT) a désigné son auteur, le ministre de l'Éducation nationale Mohamed Seghir Saâdaoui, qui aurait engagé la procédure à titre personnel, sous la forme d'une citation directe.
La dirigeante affirme avoir reçu, à la mi-juin, une convocation officielle transmise par un huissier de justice. L'affaire remonte au début du mois précédent, lorsqu'elle avait mis en cause le comportement du ministre lors d'une réunion tenue avec les représentants de trente-huit syndicats du secteur éducatif. Selon elle, Saâdaoui y aurait apporté son soutien à deux candidats en lice pour les législatives.
Pour Louisa Hanoune, une telle prise de position d'un membre du gouvernement remet en cause le principe de neutralité de l'administration et porte atteinte à la liberté de choix des électeurs. Elle avait alors soutenu que les syndicats de l'Éducation nationale ne pouvaient être assimilés à une structure partisane, et qu'un ministre n'était pas fondé à orienter des responsables syndicaux ou des personnels vers le soutien d'un candidat ou d'une liste.
« Le devoir d'alerter l'opinion »
Devant la presse, la secrétaire générale du PT a rejeté sans réserve la qualification de diffamation. Ses propos, plaide-t-elle, relèvent de son rôle d'opposante et de son devoir d'alerter l'opinion publique sur des faits qu'elle juge préoccupants. Elle a insisté sur une ligne de conduite constante, privilégiant le débat politique et la critique publique sans recourir à l'attaque personnelle.
En rendant la procédure publique, Louisa Hanoune y voit une réponse à des dénonciations formulées, selon elle, dans le strict cadre de l'action politique. La liberté de critique et le droit des responsables politiques à interpeller les pouvoirs publics sur le respect des règles électorales relèvent, à ses yeux, des principes qui fondent le fonctionnement d'un État de droit.
La citation directe visant la dirigeante intervient alors que le PT dresse un bilan sévère du dernier scrutin, marqué par une abstention record. Aucune date d'audience n'a été communiquée à ce stade.
Sophie K.