top of page

Le président Tebboune ordonne l'application de la peine de mort contre les incendiaires

  • il y a 7 heures
  • 2 min de lecture
©Présidence algérienne
©Présidence algérienne

Le bilan très lourd des feux qui ravagent l'Est algérien depuis le 26 août, conjugué à la persistance des soupçons d'incendies volontaires déjà pointés en juillet, a ravivé la colère contre des autorités accusées de n'avoir pas anticipé la catastrophe. C'est dans ce rapport de force que le pouvoir a choisi de durcir la réponse pénale contre les auteurs de ces actes.


Le président Abdelmadjid Tebboune a réuni en urgence, ce dimanche 30 août, les principaux responsables civils et militaires du pays au lendemain des incendies qui ravagent plusieurs wilayas de l'Est algérien depuis le 26 août. Au terme de cette rencontre, le chef de l'État a chargé le ministre de la Justice de modifier le code pénal avant le 15 septembre, avec pour objectif l'application effective de la peine de mort contre les personnes reconnues coupables d'avoir volontairement provoqué ces feux de forêt.


Selon la présidence, la mesure ne se limite pas à la sentence elle-même. L'amendement prévoit aussi son exécution, alors que l'Algérie observe un moratoire de fait sur les condamnations à mort depuis 1993. Les tribunaux continuent de prononcer la peine capitale, notamment dans des affaires liées au terrorisme, sans qu'aucune exécution n'ait eu lieu depuis plus de trois décennies.


Les incendies ont frappé, à partir de la nuit du 26 août, les wilayas de Jijel, Béjaïa et Tizi-Ouzou. Le bilan communiqué par le ministre de l'Intérieur, Saïd Sayoud, s'arrête toujours à douze morts et 54 blessés hospitalisés pour des brûlures, un chiffre annoncé dès le 26 août et jamais actualisé depuis. Sur le terrain, la réalité semble bien plus lourde, notamment à Jijel. La commune de Djemaa Beni Habibi a fait état à elle seule d'un bilan provisoire de 73 victimes, dont 21 membres d'une même famille, tandis que des listes de plusieurs dizaines de noms circulent localement pour les opérations de reconnaissance des corps. Aucun bilan national définitif n'a pour l'instant été rendu public. Un deuil national de trois jours avait été décrété dès le 27 août, avant même que l'ampleur réelle du drame ne soit connue.


Samedi, lors d'une visite aux blessés hospitalisés à Zéralda, Abdelmadjid Tebboune avait déjà évoqué une origine criminelle pour une partie des foyers, sans toutefois employer le mot de complot. Cette hypothèse, déjà avancée en juillet par les autorités après la confirmation du caractère volontaire de plusieurs départs de feu, explique le choix d'un durcissement pénal plutôt que d'une simple annonce de moyens supplémentaires.


La réunion de ce dimanche a également porté sur l'indemnisation des sinistrés et le rétablissement des réseaux d'eau, de gaz, d'électricité et de téléphonie dans les zones touchées, plusieurs villages de montagne étant privés de ces services depuis le passage des flammes. 


Khaled ROUABAH



 
 
 

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
bottom of page