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Le syndicat enseignant « Cnapeste » menacé de dissolution

  • il y a 11 heures
  • 2 min de lecture

Le ministère du Travail et de la protection sociale a entamé une procédure visant à dissoudre le Conseil national autonome du personnel ternaire de l’Education nationale (Cnapeste). Selon un communiqué de cette organisation syndicale qui représente des enseignants des trois paliers de l’Education, le département de Abdelhak Sayeh, avec l’appui de celui de Mohamed-Seghir Saadaoui, a introduit le 09 mars dernier une procédure judiciaire auprès de la cour administrative visant à mettre fin à ses activités.


Le Cnapeste, qui figure parmi les organisations les plus représentatives du corps enseignant, dénonce cette décision qu’il considère « illégale ». Dans un communiqué sanctionnant les travaux d’une réunion de son Conseil national tenue à Alger vendredi 17 avril, le syndicat a dénoncé « avec vigueur » les « pressions administratives et judiciaires » qu’il subit de la part des autorités.


Le document du Cnapeste relève également que le ministère de l’Education nationale refuse de « travailler » avec son coordinateur Messaoud Boudiba, ce qui constitue « une ingérence intolérable » dans les affaires internes de l’organisation syndicale. Le responsable fait en effet face à des poursuites judiciaires suite à l’organisation de mouvements de protestations et l’administration « le pousse » à prendre sa retraite pour « l’éloigner » de l’activité syndicale, ajoute la même source qui estime que d’autres pressions sont exercées en réaction aux activités de ses membres et aux positions qu’il a prises concernant la « dégradation des conditions de travail des enseignants qui font face à une surcharge des programmes ». Il en appelle au président de la République.


Comme première réaction, le RCD dénonce cette nouvelle donne. « En s’attaquant à un syndicat représentatif d'un secteur stratégique comme l’éducation, c’est l’ensemble du mouvement syndical qui est fragilisé, et au-delà, les fondements mêmes de l’État de droit qui sont mis à l’épreuve », note le parti dans un communiqué qui « alerte l’opinion publique nationale, les organisations syndicales et les défenseurs des droits humains sur cette dérive autoritaire aux conséquences lourdes pour l’avenir des libertés publiques dans notre pays ».


Depuis plusieurs mois, le coordinateur du Cnapeste, Messaoud Boudiba et d’autres cadres du syndicat font face à des poursuites judiciaires et des procédures disciplinaires suite à l’organisation de sit-in de protestation devant les directions de l’Education nationale à travers le pays. Lors d’un rassemblement tenu en février 2025 à M’sila, Mr Boudiba et d’autres syndicalistes ont été placés en garde à vue avant d’être mis sous contrôle judiciaire. Ils sont accusés d’organisation « d’attroupements non-armés ».


C’est la première fois que les autorités engagent une procédure pour dissoudre un syndicat. Elles ont déjà utilisé le même procédé pour suspendre des partis politiques, à savoir le Parti socialiste des travailleurs (PST) et le Mouvement démocratique et social (MDS).


Essaïd Wakli


 
 
 

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