Législatives : Jil Jadid exclu d'Île-de-France six jours avant le scrutin
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Le parti de Lakhdar Amokrane dénonce l'invalidation de sa liste en Zone 1, notifiée après l'ouverture de la campagne et la validation du bulletin de vote. Une décision qui ravive les doutes sur l'équité du processus électoral du 2 juillet.
Le bon à tirer du bulletin de vote avait été signé et la campagne était ouverte depuis trois jours. C'est dans cet intervalle, le 12 juin 2026, que l'Autorité Nationale Indépendante des Élections (ANIE) a notifié à Jil Jadid le rejet de l'un de ses candidats en Zone 1 Île-de-France, entraînant l'invalidation de l'ensemble de la liste.
Le parti du président Lakhdar Amokrane a rendu publique la décision le lendemain dans un communiqué où il pointe une irrégularité de procédure difficilement contestable sur la forme. Le 6 juin, la liste avait été officiellement acceptée par l'ANIE. Quatre dossiers initialement rejetés avaient fait l'objet de recours, épuisés dans les délais légaux. La liste avait été reconstituée, le bulletin soumis, corrigé, puis validé par l'autorité électorale elle-même. Six jours avant le scrutin, la notification d'exclusion est tombée.
Jil Jadid ne remet pas en cause frontalement la légalité formelle de la décision, mais fait valoir qu'une liste ne saurait être invalidée après que le processus réglementaire a été mené jusqu'à son terme, bulletin compris. “À chaque étape, Jil Jadid a agi avec rigueur, transparence, bonne foi et dans le strict respect des dispositions légales et réglementaires en vigueur”, écrit le parti.
La Zone 1 Île-de-France est, pour rappel, une circonscription qui regroupe l'une des communautés algériennes expatriées les plus denses d'Europe, un électorat historiquement perméable aux formations libérales et réformistes. Jil Jadid, fondé en 2012 sur un programme d'État de droit et de libertés publiques, y disposait d'une base de mobilisation réelle. L'exclusion de cette liste ne prive pas le parti de toute présence au scrutin, Amokrane précisant qu'il “poursuivra sa campagne dans toutes les circonscriptions où ses listes demeurent en compétition, en Algérie comme à l'étranger”. Mais le coup est rude pour un parti qui avait déjà dû reconstituer sa liste après le rejet initial de quatre dossiers.
D'autres formations d'opposition ont signalé, dans les semaines précédant le scrutin, des difficultés similaires à constituer leurs listes ou à obtenir les validations requises. Le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) avait publiquement rejeté la charte éthique proposée par l'ANIE, y voyant un instrument de contrôle politique. Ces épisodes répétés alimentent un scepticisme croissant sur les conditions réelles d'organisation du vote du 2 juillet. Jil Jadid s'en tient à une formulation sans excès. “La crédibilité de toute élection repose sur des règles claires, stables et appliquées de manière égale à tous les acteurs. Lorsque ces conditions ne sont plus réunies, c'est la confiance des citoyens dans le processus électoral qui se trouve fragilisée”, écrit Amokrane, sans pour autant annoncer un retrait.
Le parti n'a pas annoncé de recours contre la décision de l'ANIE. Le délai légal pour en introduire un, s'il est ouvert, courait à compter de la notification du 12 juin.
Amine B.