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Migration, sécurité, diplomatie : les petits pas du réchauffement franco‑algérien

  • il y a 48 minutes
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Depuis la visite du ministre français de l’Intérieur en Algérie en février dernier, la coopération entre la France et l’Algérie connaît un rythme lent mais inédit depuis le début de la crise dans les relations entre les deux pays en juillet 2024. En plus des échanges sécuritaires, Alger et Paris coopèrent désormais sur le sujet épineux de l’émigration clandestine.


Ce réchauffement des relations algéro-françaises a été confirmé par le ministre français des Affaires Etrangères, Jean-Noël Barrot, lui-même. Dans une interview accordée à l'AFP, le chef de la diplomatie française a en effet estimé que la reprise d'un « dialogue exigeant sur le plan migratoire et sécuritaire avec l'Algérie » produit des « premiers résultats»« Nous voyons des premiers résultats se manifester qui se confirment et qui s'amplifient », a-t-il dit.


Cela dit, rien n’est encore acquis, selon le responsable français. À occasion de la visite de Laurent Nunez, la France avait « pu faire valoir un certain nombre d'attentes en particulier en matière de reconduites à la frontière des Algériens en situation irrégulière puisque (...) en matière de sécurité de lutte contre le terrorisme, en matière de reconduites à la frontière des ressortissants algériens en situation irrégulière, nous avons besoin d'une coopération de la part des autorités algériennes », a-t-il souligné. Or, pour commencer à délivrer des laissez-passer consulaires, nécessaires à la reconduite aux frontières de ressortissants algériens mis sous OQTF, l’obligation de quitter le territoire français, l’Algérie avait exigé l’accréditation de 8 nouveaux consuls, ce que la France avait refusé de faire à un moment donné. Mais selon différentes sources, ce problème est désormais réglé. « (…) il est nécessaire que les autorités consulaires algériennes en France puissent délivrer les laissez-passer consulaires permettant ces reconduites à la frontière », a insisté dans ce sens Jean-Noël Barrot.


Selon des sources diplomatiques, l’Algérie a déjà accepté de recevoir certains de ses ressortissants, classés dangereux par les autorités françaises. Il s’agit d’un geste de bonne volonté que les autorités algériennes ont voulu exprimer face à la France après la visite de Laurent Nunez. En plus de cela, les services de renseignements des deux Etats, notamment les deux DGSI (la direction générale de la sécurité intérieure) ont repris leurs contacts et ont même pu échanger des renseignements notamment sur des ressortissants algéro-français revenus de Syrie.


Ce ne sont pourtant que de petits pas dans le sens de la normalisation des relations entre les deux pays. Un contact téléphonique « cordial » entre les deux ministres des Affaires Etrangères, Ahmed Attaf et Jean-Noël Barrot, a permis d’accélérer un peu la cadence. Un rythme qui devra être confirmé à l’occasion d’une visite du ministre algérien de l’intérieur, Saïd Sayoud, qui se rendra à Paris dans les prochaines semaines. Ce sera l’occasion de donner du concret à des déclarations d’intentions formulées en février dernier à Alger.


Essaïd Wakli

 
 
 
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