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Migration vers l’UE : recul historique des passages irréguliers, mais hausse depuis l’Algérie

  • cfda47
  • il y a 16 heures
  • 3 min de lecture

Les franchissements irréguliers aux frontières extérieures de l’Union européenne ont diminué de 26 % en 2025, selon les données publiées par Frontex. Avec environ 178 000 détections, l’UE atteint son niveau le plus bas depuis 2021. Une évolution que certains responsables européens présentent comme un succès, mais qui mérite une lecture plus nuancée lorsqu’on s’intéresse aux droits humains.


L’agence attribue cette baisse à un ensemble de facteurs : renforcement des contrôles, coopération accrue avec les pays de transit et lutte contre les réseaux de passeurs. Certains responsables européens y voient la preuve de l’efficacité des partenariats internationaux.


Une baisse statistique notable

Frontex souligne que le total enregistré en 2025 représente moins de la moitié du niveau observé en 2023, marquant une rupture nette avec les années précédentes. Les routes migratoires ont évolué de manière contrastée :Forte diminution sur les routes ouest-africaine, des Balkans occidentaux et aux frontières orientales. Progression sur la route ouest-méditerranéenne, qui concerne notamment les départs depuis l’Algérie et le Maroc vers l’Espagne.


Cette route, longtemps considérée comme secondaire, a connu une hausse des tentatives de traversée, en particulier depuis les côtes algériennes où les départs de harragas — ces personnes qui prennent la mer clandestinement — restent fréquents malgré les risques.


L’Algérie, un acteur clé des dynamiques migratoires régionales

L’Algérie occupe une place singulière dans les mouvements migratoires vers l’Europe. Le pays est à la fois un territoire de départ et de transit, notamment pour des personnes originaires d’Afrique subsaharienne. Les autorités algériennes ont renforcé leurs contrôles ces dernières années, tout en menant des opérations de refoulement vers le Niger, régulièrement dénoncées par des ONG pour leurs conditions. Les départs de jeunes Algériens, motivés par le chômage, les restrictions politiques ou l’absence de perspectives, persistent malgré la dangerosité de la traversée.


La hausse observée sur la route ouest-méditerranéenne rappelle que la baisse globale des passages irréguliers ne signifie pas une réduction uniforme des mobilités, mais plutôt un déplacement des routes, souvent vers des itinéraires plus périlleux.


Une réalité plus complexe que les chiffres

Pour un média spécialisé dans les droits humains, ces données invitent à dépasser la lecture strictement sécuritaire. Une baisse des franchissements ne signifie pas nécessairement une amélioration des conditions de protection pour les personnes en migration.


Plusieurs éléments méritent attention : Les routes se déplacent, mais les risques demeurent, voire s’accentuent. Les naufrages continuent, notamment en Méditerranée centrale et occidentale. Les politiques de dissuasion peuvent accroître la vulnérabilité des exilé·es, en les poussant vers des passeurs plus violents ou des zones de transit où les droits fondamentaux sont fragilisés.


Entre gestion des frontières et respect des droits fondamentaux

La baisse des passages irréguliers est souvent présentée comme un succès politique. Pourtant, du point de vue des droits humains, elle soulève des questions essentielles : Comment garantir l’accès effectif à l’asile lorsque les routes se ferment ?. Les partenariats conclus avec des pays tiers — dont l’Algérie, acteur incontournable en Méditerranée occidentale — respectent-ils les normes internationales ?. Les contrôles renforcés s’accompagnent-ils de mécanismes de surveillance indépendants pour prévenir les abus ?


Les organisations de défense des droits humains rappellent régulièrement que la gestion des frontières ne peut se faire au détriment du droit d’asile, de la dignité humaine et de la protection des personnes vulnérables.


Une année charnière pour les politiques migratoires européennes

Alors que 2026 s’annonce comme une année décisive pour la mise en œuvre du Pacte européen sur la migration et l’asile, les chiffres de Frontex montrent surtout une chose : les dynamiques migratoires sont mouvantes, et les réponses strictement sécuritaires ne suffisent ni à protéger les personnes en mouvement, ni à garantir le respect des droits fondamentaux.


Nadia B

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