Nouvelle convocation pour Mustapha Bendjama : la brigade de cybercriminalité cible à nouveau le journaliste
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Le journaliste algérien Mustapha Bendjama a annoncé avoir reçu une nouvelle convocation émanant de la brigade de cybercriminalité, selon un message publié sur sa page Facebook. Cette démarche s’ajoute à une longue série de procédures engagées contre lui depuis plusieurs années, dans un contexte où les poursuites visant les journalistes et les voix critiques se multiplient.
La convocation lui a été notifiée sans précision sur les motifs, un procédé devenu récurrent dans les affaires impliquant des acteurs médiatiques indépendants. Les convocations par la brigade de cybercriminalité sont souvent liées à des publications en ligne, des échanges privés ou des contenus journalistiques interprétés comme des atteintes à l’ordre public ou à l’intérêt national.
Cette nouvelle étape judiciaire intervient alors que Bendjama demeure l’une des figures les plus ciblées du paysage médiatique algérien. Rédacteur en chef du journal Le Provincial jusqu’à son arrestation en 2023, il a depuis fait face à une succession de poursuites, de condamnations et de restrictions, dont une détention prolongée jugée arbitraire par plusieurs organisations internationales. Malgré sa libération, il reste soumis à une pression judiciaire constante, marquée par des convocations répétées et des enquêtes ouvertes sur la base d’articles du Code pénal relatifs à la diffusion d’informations ou à l’expression d’opinions en ligne.
La convocation annoncée hier s’inscrit dans un climat général de rétrécissement de l’espace civique, où les journalistes, militants et défenseurs des droits humains sont régulièrement interpellés pour des publications numériques. Les ONG spécialisées dénoncent depuis plusieurs années l’usage extensif des lois sur la cybercriminalité pour encadrer, voire dissuader, l’expression critique.
En rendant publique cette énième convocation, Mustapha Bendjama semble vouloir maintenir une transparence sur les pressions qu’il subit et rappeler que les procédures engagées contre lui ne relèvent pas d’actes criminels, mais de son activité journalistique. Son cas demeure emblématique d’un système où la justice et les dispositifs de surveillance numérique sont mobilisés pour contenir les voix indépendantes.
Lila M



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