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Profanation du drapeau national au Legacy Hotel : sept ans ferme pour deux condamnés

  • il y a 3 heures
  • 2 min de lecture

Un événement d'influenceurs organisé dans un établissement hôtelier de luxe d'Hydra s'est terminé, vendredi 5 juin, en affaire d'État. Le lendemain matin, une vidéo publiée sur TikTok montrait le drapeau algérien étendu au sol à l'entrée du The Legacy Hotel, sur les hauteurs d'Alger, piétiné par les invités au fil de leur passage. Sur l'emblème, on pouvait lire l'inscription « Gloire à nos martyrs ». La séquence a fait le tour des réseaux sociaux en quelques heures.


La réponse judiciaire n'a pas tardé. Le tribunal de Bir Mourad Raïs a prononcé, à l'issue d'une procédure accélérée, une peine de sept ans d'emprisonnement ferme à l'encontre des deux personnes mises en cause. Selon le procureur de la République, l'un des condamnés a placé le drapeau national au sol avant le début de la cérémonie. Le second a filmé la scène et l'a diffusée sur TikTok. Deux actes distincts, une même qualification pénale.


« Déchire, mutile ou profane l'emblème national »

L'article 160 bis du Code pénal algérien, issu de la loi n° 82-04 du 13 février 1982, punit d'un emprisonnement de cinq à dix ans quiconque, volontairement et publiquement, déchire, mutile ou profane l'emblème national. La peine de sept ans prononcée par le tribunal s'inscrit dans la fourchette haute de ce texte, sans en atteindre le plafond. La diffusion sur les réseaux sociaux a vraisemblablement pesé dans l'appréciation du caractère public de l'acte.


L'établissement lui-même n'a pas échappé aux sanctions. La ministre du Tourisme et de l'Artisanat, Houria Meddahi, a ordonné la fermeture immédiate et le retrait de la licence d'exploitation du The Legacy Hotel dès le lendemain de l'incident. La ministre a donné instruction de déclencher l'ensemble des procédures juridiques et administratives nécessaires, en coordination avec les autorités de la wilaya d'Alger, afin de mettre en œuvre cette décision.


La direction de l'établissement avait pourtant tenté, dans un communiqué publié le soir même, de limiter les dégâts. Elle avait affirmé que le drapeau national n'avait pas été profané au sein de son établissement, estimant que les images diffusées ne reflétaient ni sa position ni ses valeurs. L'argument n'a convaincu ni le parquet ni la tutelle.


Influenceurs, TikTok et ligne rouge

L'événement incriminé réunissait des influenceurs et créateurs de contenus, dans un cadre festif qui n'avait manifestement pas anticipé les conséquences du dispositif scénographique retenu. Que l'organisateur ait placé le drapeau à même le sol par négligence ou par calcul, la question ne s'est pas posée devant le tribunal : seule l'intentionnalité publique et délibérée de l'acte a été retenue.


La rapidité de la procédure, de la diffusion virale à la condamnation en l'espace de quelques jours, témoigne du traitement politique autant que judiciaire réservé aux atteintes aux symboles de l'État en Algérie. Des modifications récentes du Code pénal ont par ailleurs renforcé la répression des actes d'outrage ou de diffamation dirigés contre les symboles du Mouvement de libération nationale ainsi que l'hymne et le drapeau national, avec des peines pouvant atteindre dix ans d'emprisonnement.


Le parquet de Bir Mourad Raïs n'a pas précisé si d'autres personnes présentes ce soir-là faisaient l'objet d'investigations.


Amine B.

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