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Tebboune réaffirme sa promesse de dialogue politique, mais les signaux contradictoires persistent

  • il y a 3 heures
  • 2 min de lecture

Le président Abdelmadjid Tebboune a réaffirmé, dans une interview accordée à des médias publics et diffusée ce lundi soir, son engagement à « dialoguer avec les partis politiques ». L’extrait rendu public par la présidence reste toutefois très général : le chef de l’État assure maintenir sa promesse, mais ne fournit ni calendrier ni méthode.


Depuis sa réélection en septembre 2024, Tebboune évoque régulièrement l’idée d’un « dialogue national » qu’il situe à l’horizon 2025, sans jamais en préciser les contours. À plusieurs reprises, il a laissé entendre que les consultations porteraient d’abord sur les réformes législatives — notamment le code électoral et la loi sur les partis politiques — avant d’envisager des discussions directes avec les formations politiques. Il a ensuite conditionné ces rencontres à la tenue des législatives, estimant que seules les formations disposant d’élus seraient légitimes pour y participer, ce qui revient de facto à écarter une large partie de l’opposition réelle.


Mi‑juillet, Tebboune a également invité les opposants établis à l’étranger à rentrer « sans problèmes », tout en définissant les limites de ce qu’il considère comme une critique acceptable. Cet appel a été rapidement contredit par la condamnation à deux ans de prison du secrétaire général du MDS, Fethi Ghares, une décision qui a surpris de nombreux observateurs et renforcé l’idée d’un double discours. Dans la foulée, une cinquantaine de personnalités et d’activistes se réclamant de l’opposition ont adressé une lettre au président pour demander des garanties de retour, l’ouverture du champ politique et médiatique, la libération des détenus d’opinion et une amnistie générale pour les personnes poursuivies pour leurs déclarations publiques.


L’enjeu est désormais de savoir quelle forme prendra ce « dialogue » et si le pouvoir cessera de cibler les voix critiques, notamment celles qui s’expriment sur les réseaux sociaux. Les gestes que posera le chef de l’État seront le véritable baromètre de la sincérité de sa déclaration. Pour l’heure, les signaux envoyés restent contradictoires : une rhétorique d’ouverture d’un côté, un maintien de la pression judiciaire de l’autre. La crédibilité de l’initiative dépendra de décisions concrètes — libérations, garanties juridiques, inclusion réelle des forces politiques — et non de déclarations d’intention.


Essaïd Wakli

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