L’enseignante et militante Hakima Sbaihi condamnée par le tribunal de Béjaïa
- il y a 5 heures
- 2 min de lecture

Selon les informations rapportées par Maître Mehdi Zidane, le tribunal de Béjaïa a condamné l’enseignante universitaire et militante Hakima Sbaihi à une amende de 100 000 dinars, ainsi qu’au versement de 100 000 dinars de dommages et intérêts au profit du Trésor public. Elle était poursuivie pour « incitation à un rassemblement non armé » et « outrage aux autorités judiciaires », sur la base des articles 100 et 146 du Code pénal.
Enseignante à l’Université de Béjaïa, écrivaine et militante, Hakima Sbaihi est connue pour ses prises de position sur les libertés publiques et les enjeux politiques en Algérie. Très engagée, elle dénonçait déjà la politique du président Abdelaziz Bouteflika avant même l’émergence du Hirak, participant notamment aux mobilisations contre le quatrième mandat.
Depuis plusieurs années, son nom est associé à de multiples procédures judiciaires, souvent liées à ses publications sur les réseaux sociaux ou à son activité militante. Elle est aujourd’hui considérée comme l’une des voix universitaires critiques les plus en vue dans le pays.
Cette nouvelle condamnation s’inscrit dans un contexte marqué par la poursuite de dossiers visant des universitaires, militants et citoyens exprimant pacifiquement leurs opinions. Les poursuites liées à l’exercice des libertés publiques continuent d’alimenter les inquiétudes d’observateurs et d’organisations de défense des droits humains, qui dénoncent une restriction croissante de la liberté d’expression et de la liberté académique.
Dans une réaction publique, l'ONG Riposte Internationale, basée à Paris, a exprimé sa solidarité avec Hakima Sbaihi. L’organisation réaffirme son attachement à la liberté d’expression, à la liberté académique et au droit de réunion pacifique, et appelle les autorités à mettre fin aux poursuites visant les personnes exerçant pacifiquement leurs droits fondamentaux.
De son côté, l’ONG SHOAA, basée à Londres, a également dénoncé cette énième condamnation visant une universitaire engagée. Elle souligne que ces poursuites répétées participent d’un climat d’intimidation destiné à réduire au silence les voix critiques et à restreindre l’espace civique.
Yacine M



Commentaires