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Sahara occidental : Rahabi lit dans le “Polisario Terrorist Act” la main de Washington

  • il y a 7 minutes
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Pour l'ancien ambassadeur Abdelaziz Rahabi, le Polisario Front Terrorist Designation Act déposé le 11 mars au Sénat américain trahit une Administration que la guerre en Iran pousse à solder le dossier sahraoui à tout prix.  


Le 11 mars dernier, trois sénateurs républicains, Ted Cruz, Tom Cotton et Rick Scott, ont déposé au Sénat américain un projet de loi baptisé le Polisario Front Terrorist Designation Act. Joe Wilson, élu républicain de Caroline du Sud, en avait déposé une version quasi identique dès le 24 juin 2025.  


Pour Abdelaziz Rahabi, ancien ministre de la Communication et ancien ambassadeur d'Algérie en Espagne et au Mexique, ces initiatives s'inscrivent dans une séquence délibérée. «Cette démarche n'est pas nouvelle chez les républicains», rappelle-t-il, dont le but est d'associer le Polisario à l'image diabolisée de l'Iran, de le désigner comme groupe terroriste et de faire d'Alger un État soutenant le terrorisme. L'objectif serait aussi de «dépouiller le dossier sahraoui de sa dimension diplomatique pour le présenter comme une menace contre la sécurité régionale», poursuit-il.  


La désignation terroriste ne relève pas des deux Chambres mais du Département d'État. Les sénateurs le savent. Pour Rahabi, «les animateurs de ces initiatives répondent eux-mêmes à la pression de lobbies de toute nature dans la pure tradition américaine de la diplomatie transactionnelle exacerbée sous le président actuel».  


La visée politique est double, selon l'ancien diplomate : affaiblir l'Algérie, attachée comme l'ONU au droit à l'autodétermination, et «faire céder le Polisario dans un contexte marqué par un espoir prudent dégagé par les pourparlers de Madrid et de Washington 1 et 2, dont les promoteurs ne sont autres que les États-Unis eux-mêmes».  


La synchronisation de ces textes avec le calendrier des négociations ne laisse aucune ambiguïté pour Rahabi. Ces initiatives «coordonnées dans le contenu et le timing ne peuvent être lues que comme des moyens de pression de l'Administration américaine qui veut un accord à tout prix et vite au Sahara occidental», écrit-il.  


L'explication de cette urgence tient, selon lui, au contexte iranien. Trump, «embourbé dans une guerre contre l'Iran qui a dépassé ses prévisions, cherche à l'évidence à se présenter comme un homme de paix chez lui et dans notre région», conclut l'ancien ambassadeur.  


Le prochain round de négociations, dont la date n'est pas encore arrêtée, se tiendra dans ce climat.  


Sophie K.


 
 
 

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