STAEM : le DG par intérim et trois cadres sous mandat de dépôt
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L'actuel directeur général par intérim de la société algéro-émiratie des tabacs a été placé sous mandat de dépôt par le pôle pénal économique et financier de Sidi M'hamed, avec trois cadres et des opérateurs privés.
Le juge d'instruction de la deuxième chambre du pôle pénal économique et financier près le tribunal de Sidi M'hamed a ordonné le placement en détention provisoire de l'actuel directeur général par intérim de la Société des tabacs algéro-émiratie (STAEM), désigné par les initiales A. Z. La mesure frappe également trois autres cadres de l'entreprise ainsi que des opérateurs privés présentés comme des intermédiaires du montage.
Les mis en cause sont poursuivis pour plusieurs chefs prévus par la loi relative à la prévention et à la lutte contre la corruption : constitution d'un groupe criminel organisé, spéculation illicite, octroi d'avantages injustifiés à autrui, conclusion de contrats en violation des dispositions législatives et réglementaires, abus de fonction et octroi de facilités procurées par l'activité professionnelle dans le cadre d'une bande criminelle, blanchiment d'argent. S'y ajoute un délit plus rarement visé, l'introduction frauduleuse de données dans un système de traitement automatisé, indice que les enquêteurs ont examiné la comptabilité et les systèmes de gestion internes de la société.
L'instruction remonte au 13 novembre 2025, ouverte sur signalement du Service central de lutte contre le crime organisé (SCLCO) de Saoula. À cette date, le propriétaire de la partie émiratie de la STAEM, connu sous les initiales M. A., avait déjà été écroué avec plusieurs cadres et intermédiaires. L'enquête pointait des transferts illicites de devises vers les Émirats arabes unis, opérés en marge de la réglementation des changes, et l'acquisition de biens immobiliers dans les quartiers cossus d'Alger financés par ces flux.
Dans le même sillage, le 21 décembre 2025, Charaf-Eddine Amara, ancien président-directeur général du groupe public Madar (ex-Société nationale des tabacs et allumettes) et éphémère patron de la Fédération algérienne de football, a été placé sous mandat de dépôt dans le même dossier. Avant lui, Zoheir Khelaf, PDG de la STAEM et de sa société sœur United Tobacco Company (UTC), avait été écroué dès la mi-octobre. En juin 2026, un autre volet visait UTC, avec dix personnes écrouées, un préjudice évalué à un millier de milliards de centimes et des villas saisies jusqu'en Espagne. Le placement de l'intérimaire actuel atteint la direction installée après le premier limogeage.
Née en 2005 dans le sillage de la libéralisation du marché engagée l'année précédente, la STAEM est une coentreprise où Madar Holding détient 49 % du capital, des investisseurs émiratis une part équivalente et le ministère des Finances les 2 % restants. Elle fabrique et commercialise plusieurs des marques les plus vendues du pays, sur un marché où le tabac public, historiquement dominant, cohabite avec les multinationales entrées après 2004.
Le tour de vis judiciaire s'accompagne d'une reprise en main de plusieurs entreprises publiques stratégiques et d'un plafonnement des prix décidé par l'État. L'instruction se poursuit pour établir l'ampleur du préjudice et les ramifications des circuits financiers.
Amine B.



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