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Tebboune face à la presse : Entre optimisme officiel et réalité ignorée

  • cfda47
  • il y a 11 heures
  • 2 min de lecture

La rencontre périodique du président Abdelmadjid Tebboune avec la presse nationale, tenue le samedi 7 février, a une nouvelle fois mis en lumière le décalage persistant entre le discours officiel et la réalité vécue par une grande partie de la population. Durant cet entretien très encadré, le chef de l’État a réaffirmé ses priorités habituelles : souveraineté économique, lutte contre la corruption, soutien à la production nationale et poursuite des réformes institutionnelles. Pourtant, derrière ces déclarations volontaristes, peu d’éléments concrets permettent d’évaluer l’avancement réel de ces chantiers.


Le président a présenté un tableau optimiste de la situation économique, évoquant des progrès dans l’industrie, une hausse des exportations hors hydrocarbures et une amélioration de l’environnement des affaires. Mais cet optimisme contraste fortement avec les difficultés quotidiennes rencontrées par les citoyens, confrontés à une inflation persistante, à des tensions sur les produits de base et à un marché de l’emploi toujours fragile. Ce décalage nourrit l’impression que le pouvoir peine à saisir l’ampleur des préoccupations sociales.


Comme lors des précédentes éditions, la rencontre s’est déroulée dans un format très contrôlé, limitant la possibilité pour les journalistes d’aborder les sujets les plus sensibles. Les questions consensuelles ont laissé de côté des thèmes pourtant centraux dans le débat public, tels que les libertés individuelles, la situation des médias, le climat social ou encore le fonctionnement des institutions. Les réponses du président, souvent générales, n’ont pas permis d’apporter des éclaircissements sur les dossiers les plus controversés.


Sur le plan politique, le chef de l’État a adopté un ton prudent lorsqu’il a été interrogé sur les tensions sociales et les revendications sectorielles. En renvoyant la responsabilité aux ministères concernés, il a cherché à préserver une posture d’arbitre au-dessus des conflits, mais cette stratégie entretient l’idée d’un pouvoir fragmenté, où les responsabilités ne sont pas clairement assumées.


Malgré la volonté affichée de proximité avec le peuple, le format même de la rencontre — sélection restreinte de médias, absence de questions spontanées, durée maîtrisée — renforce l’image d’une communication verticale, davantage tournée vers la mise en scène que vers un véritable dialogue. Pour beaucoup d’observateurs, cet exercice, censé incarner la transparence, peine à remplir sa fonction démocratique.


La rencontre du 7 février confirme ainsi les limites d’une communication présidentielle qui se veut rassurante mais qui semble ignorer, ou minimiser, la réalité complexe du quotidien des Algériens. Pour gagner en crédibilité, cet échange gagnerait à s’ouvrir davantage à la contradiction, à la diversité des voix médiatiques et à des engagements précis, mesurables et vérifiables.


Yacine M

 
 
 

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