Tentative d’assassinat contre Hichem Aboud : quatre suspects écroués en France
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Le parquet anti‑terroriste français a annoncé, samedi 23 mai, l’incarcération de quatre ressortissants algériens soupçonnés d’avoir tenté d’assassiner le journaliste, activiste et ancien officier de l’armée algérienne Hichem Aboud. D’après l’AFP, les suspects, âgés de 19 à 22 ans, ont été mis en examen : trois pour tentative de meurtre en bande organisée en lien avec une entreprise terroriste, le quatrième pour complicité et association de malfaiteurs terroriste criminelle, a confirmé une source judiciaire.

Selon son avocat, Maître Dalil Essakali, Hichem Aboud « a découvert cette tentative de meurtre par l’AFP, mais cela ne l’étonne pas ». Il affirme que son client a déjà été visé par des « tentatives d’assassinat » à Liège et à Paris, ainsi que par « un enlèvement » à Barcelone en octobre 2024. Toujours cité par l’AFP, le journaliste estime que « la tentative d’assassinat du mois de février 2025 s’inscrit dans la logique des choses après le ratage de l’opération de Barcelone ». Et d’ajouter : « Il fallait et il faudrait m’éliminer pour me faire taire ».
Les faits remontent à février 2025. Une équipe d’exécutants présumés serait montée à Roubaix, où résidait alors Aboud, munie d’une « consigne de tuer » et d’une adresse précise. L’opération a échoué car la cible n’était pas présente, selon des sources proches du dossier. Une cinquième personne, interpellée dans le cadre de l’enquête, a finalement été relâchée.
Âgé de 72 ans, ancien officier des services de renseignement algériens, Aboud affirme avoir démissionné en 1990 — quand d’autres sources évoquent un limogeage — avant de se tourner vers le journalisme. Exilé en France depuis 1994, il publie en 2002 « La mafia des généraux », pamphlet virulent contre l’institution militaire. Revenu en Algérie en 2012 pour lancer plusieurs journaux, il est contraint de repartir en 2017 après des poursuites liées à des articles annonçant à tort la mort du président Abdelaziz Bouteflika. Depuis, il partage sa vie entre la France et le Maroc, qui lui a délivré un passeport, et continue de s’attaquer aux dirigeants algériens dans un registre souvent outrancier.
Cette affaire est la deuxième du genre révélée en France. En 2025, une enquête avait été ouverte pour une tentative présumée d’enlèvement visant l’activiste et youtubeur Amir Boukhors, alias AmirDZ. Parmi les suspects figurait un agent du consulat d’Algérie à Créteil, placé en détention provisoire en avril 2025, ce qui avait provoqué la colère des autorités algériennes. Il attend toujours son procès.
Ces éléments laissent apparaître l’existence de règlements de comptes en France entre proches du pouvoir algérien et certains opposants. Le régime est‑il impliqué dans ces opérations clandestines ? Rien ne permet de l’affirmer à ce stade. Mais plusieurs sources convergent pour désigner des responsables algériens de haut rang comme commanditaires possibles de ces actions, qualifiées de « terroristes » par la justice française. D’autres journalistes et activistes affirment d’ailleurs avoir subi des pressions ou des menaces similaires.
Essaïd Wakli