Trafic d’or vers Istanbul : un brigadier de police, un agent de l’aérogare et des bijoutiers lourdement condamnés

Le tribunal correctionnel de Dar El Beïda a rendu son verdict dans une affaire de trafic d’or vers la Turquie qui a mis en lumière un réseau impliquant des policiers, des agents de l’aéroport et plusieurs bijoutiers de la wilaya de Blida. Les peines prononcées vont de deux à dix ans de prison ferme, assorties d’amendes pouvant atteindre cinq millions de dinars.
Au total, douze personnes avaient été renvoyées devant la justice dans ce dossier. Trois prévenus ont été acquittés, tandis que les autres ont été condamnés à des peines graduées selon leur degré d’implication. Les sanctions les plus lourdes ont visé un brigadier de police affecté à l’aérogare, un autre agent travaillant au sein de l’aéroport ainsi qu’un troisième accusé présenté comme l’un des principaux artisans du réseau. Tous trois ont été condamnés à dix années de réclusion criminelle et à une amende de cinq millions de dinars.
L’enquête a révélé l’existence d’un système organisé de collecte et de transformation d’or destiné à être expédié vers Istanbul. Selon les éléments présentés devant le tribunal, de l’or d’occasion était acquis en Algérie avant d’être refondu dans un atelier de bijouterie à Blida, puis acheminé clandestinement vers la Turquie. Les bénéfices générés par ce trafic étaient ensuite redistribués entre les membres du réseau.
Les investigations ont également mis en évidence le rôle stratégique joué par certains employés de l’aéroport, dont la position aurait permis de contourner les contrôles de sécurité. L’un des épisodes les plus marquants du dossier concerne le transport d’environ six kilogrammes de lingots d’or dissimulés dans des baskets et dans une ceinture orthopédique lors d’un voyage à destination d’Istanbul. Selon les éléments retenus par la justice, cette opération aurait pu être réalisée sans faire l’objet des contrôles habituels grâce à des complicités internes.
Parmi les personnes citées dans la procédure figure notamment B. Réda, commerçant en bijouterie à Blida, dont le nom apparaît dans les éléments dévoilés lors de l’instruction. L’affaire remonte au 19 février 2025, date à laquelle les services compétents ont intercepté l’un des protagonistes alors qu’il s’apprêtait à embarquer sur un vol de la compagnie turque reliant Alger à Istanbul. Cette opération a permis de remonter les ramifications d’un réseau impliqué dans le trafic de métaux précieux et de devises.
Aucun suspect en fuite n’est mentionné dans les informations rendues publiques à l’issue du procès. Le jugement met ainsi un terme à l’un des dossiers les plus suivis de ces derniers mois, illustrant l’ampleur des réseaux de contrebande opérant entre l’Algérie et la Turquie via les infrastructures aéroportuaires du pays.
Yacine M



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