Rebrab, l’homme que le pouvoir et sa propre famille veulent définitivement écarter

Trois ans après sa mise à l’écart de la gestion de son groupe industriel, Issad Rebrab subit un nouveau coup du sort. Le fondateur de Cévital, le plus grand groupe privé algérien, est de nouveau interdit de gérer toute autre entreprise, y compris les petites sociétés dont il est le propriétaire mais qui ne font pas partie de la holding de la famille Rebrab.
En effet, depuis mai 2023, la « justice » a interdit à l’homme d’affaires de 81 ans de créer une entreprise et d’en être un administrateur. A l’époque, des sources internes au groupe Cévital ont indiqué que cette décision des autorités était liée d’abord à un conflit familial, les enfants voulant écarter le père de la gestion du groupe car il cherchait à croiser le fer avec le pouvoir de Abdelmadjid Tebboune. Malgré cela, Issad Rebrab a continué à manager certaines petites entreprises qui ne sont pas agglomérées au groupe Cévital, à l’image du distributeur de matériel informatique Xérox. Ce dernier pouvoir lui a été donc retiré au début de l’été, racontent plusieurs sources proches de la famille Rebrab.
On ignore les raisons exactes de cette décision. Mais une corrélation entre les intérêts des autorités qui veulent à tout prix mettre à l’écart un homme d’affaires encombrant et trop politisé à leurs yeux et celui d’une partie des enfants Rebrab est la plus plausible. Car, cela fait des mois que le vieux dirigeant économique se rend sans relâche à l’immeuble de la cité Garidi, à Kouba, le siège du conglomérat familial qui compte près de 25 entreprises activant dans différents domaines allant de l’industrie agroalimentaire à l’électroménager en passant par la construction en préfabriqué ou le verre plat. Il y réclame la reprise de la gestion de Cévital, estimant que les autorités et ses enfants l’ont trahi.
En plus de Issad Rebrab, le fils aîné de ce dernier, Omar, est lui aussi interdit d’exercer une quelconque activité au sein du groupe familial depuis juillet 2025. Là aussi, l'aîné des frères Rabrab paie l’alliance avec son père, ce qui n’est pas du goût du reste de la fratrie qui s’est alliée avec le pouvoir politique pour éliminer leur aîné.
Mis en détention en 2019 pour « infraction aux règles de change », Issad Rebrab a quitté la prison en janvier 2020. Mais l’affrontement avec le nouveau pouvoir incarné par Abdelmadjid Tebboune n’a pas tardé à se manifester, le capitaine de l’industrie se plaignant des blocages subis par ses sociétés. Dès 2022, les autorités ont exigé de l’industriel de quitter ses fonctions à la tête de Cévital et de fermer le journal Liberté sous peine de retourner en prison. Il s’est exécuté. Depuis, le groupe industriel est géré par Malik Rebrab, le deuxième fils du patron. Un changement qui n’a pas permis à Cévital de retrouver les bons résultats d’avant le Covid-19. De 22000 employés en 2019, le groupe économique n’emploie aujourd’hui que 12000 personnes et le chiffre ne cesse de chuter. Les actifs de Cévital qui étaient de plus de 5 milliards de dollars en 2020 ne sont aujourd’hui que de près de 2,5 milliards de dollars. Une baisse qui s’ajoute à la fermeture de plusieurs filiales du groupe, en Algérie et en France où l’empire Rebrab n’a presque plus d’entreprises lui qui commençaient à se frayer un chemin dans l’industrie de l’Hexagone.
Essaïd Wakli



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