Affaire de Larbaâ Nath Irathen : le cas Sofiane Hamadou, symbole d’une dérive judiciaire
- cfda47
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Le dossier du meurtre de Djamel Bensmail continue de révéler des zones d’ombre, et parmi les cas les plus controversés figure aussi celui de Sofiane Hamadou, condamné à mort alors que, selon plusieurs sources, il n’était même pas présent sur les lieux du crime.
L’avocat Maître Athmane Bessalem, qui suit de près les dossiers des détenus liés aux événements tragiques d’août 2021, dénonce une construction judiciaire sans fondement et une décision prise « au niveau local », sans instruction hiérarchique.
Un homme arrêté pour avoir dénoncé l’injustice
Selon Maître Bessalem, le seul « tort » de Sofiane Hamadou aurait été de protester devant le commissariat de la daïra de Larbaâ Nath Irathen contre l’arrestation de personnes qu’il estimait innocentes.
Cette prise de position lui aurait valu d’être interpellé, puis intégré au dossier du meurtre de Djamel Bensmail, un crime qui avait profondément choqué l’opinion publique.
Aucune preuve matérielle ne l’établit sur les lieux du lynchage. Aucun témoin ne l’y situe. Pourtant, il a été condamné à la peine capitale.
Une décision locale, sans ordre supérieur
L’avocat affirme que les agents ayant procédé à l’arrestation n’auraient reçu aucune instruction de leur hiérarchie. Il évoque une initiative locale, prise dans un contexte de tension extrême, où la pression pour « trouver des coupables » aurait conduit à fabriquer un dossier vide.
Cette version rejoint les critiques formulées depuis 2021 par plusieurs défenseurs des droits humains, qui dénoncent des procédures expéditives, des aveux extorqués et des accusations sans fondement.
Une famille brisée
Au‑delà des aspects juridiques, l’affaire porte une dimension profondément humaine. La famille Hamadou vit depuis plus de trois ans dans une angoisse permanente, oscillant entre l’espoir d’un nouveau procès équitable et la peur d’une issue irréversible.
« Son histoire et celle de sa famille sont d’une tristesse profonde », écrit Maître Bessalem, rappelant que derrière les dossiers judiciaires se trouvent des vies suspendues.
Un dossier emblématique d’un système en crise
Le cas de Sofiane Hamadou est devenu, pour beaucoup, le symbole d’une justice instrumentalisée et d’un système judiciaire en perte de crédibilité.
La Cour suprême a ordonné un nouveau procès dans l’ensemble de l’affaire, signe que les premières procédures étaient entachées d’irrégularités majeures.
À l’approche de ce nouveau procès, prévu le 1er mars prochain, les avocats espèrent que la lumière sera enfin faite sur les responsabilités réelles et que les personnes injustement impliquées pourront être réhabilitées.
Nadia B



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