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Un colloque à la hauteur des combats de Hocine Aït-Ahmed

  • 17 janv.
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 20 janv.


Dix ans après sa disparition, le grand militant nationaliste, puis farouche opposant aux pouvoirs successifs après l’indépendance du pays en 1962, Hocine Aït-Ahmed a finalement eu droit à un colloque international organisé par le FFS à Alger les 17 et 18 janvier.


La rencontre a connu une présence d’éminentes personnalités : les historiens français Gilles Monceron et Benjamin Stora, l’ancien président de l’Assemblée constituante de Tunisie et président honoraire de l’International socialiste, Mostefa Benjaâfer, du grand militant, président de l’Initiative nationale palestinienne Mostefa Berghouthi, des historiens algériens de renom à l’image de Fouad Soufi, Amar Mohand-Amer, Ali Guenoune, le grand sociologue Aissa Kadri et la liste est très longue. Tout cet aréopage a dressé, chacun dans son domaine, sa connaissance du grand militant nationaliste, devenu opposant après l’indépendance du pays, que fut Hocine Aït-Ahmed.


Pour Mostefa Benjaâfer, la devise de l’ancien président du FFS est que:

« la démocratie était nécessaire et ne pouvait attendre la stabilité , que cet objectif ne pouvait être atteint sans respect des libertés et des droits de l’Homme , que l’unité nationale se construit dans la réconciliation nationale et dans la diversité ».

Les historiens Mohamed Lahcen Zeghidi, Benjamin Stora, Amar Mohand-Amer et Ali Guenoune sont revenus longuement et par des parcelles de la vie militante de Hocine Aït-Ahmed. Ainsi, Stora a évoqué l’éveil précoce du jeune Hocine-Aït Ahmed au militantisme, en partant de son village de Kabylie, pour intégrer le Parti du peuple algérien (PPA) dès la fin de la deuxième guerre mondiale, alors qu’il n’avait pas encore 20 ans.


Zeghidi a mis l’accent sur le travail de terrain, notamment la création de cellules militantes dans les villages de Kabylie avant que le défunt militant ne rejoigne la capitale où il gravira vite les échelons au sein du PPA jusqu’à devenir, en 1947, chef de l’Organisation spéciale (OS).


L’un des épisodes les plus marquants de la vie de Hocine Aït-Ahmed a été la crise dite « berbériste » de 1949.


Spécialiste de cette période, l’historien Ali Guenoune a notamment mis en avant la position centrale du fondateur du FFS : « Il n’était ni berbériste, parce que cette notion n’existait pas, et n’était pas non plus opposé à ceux qui étaient qualifiés de berbéristes. Aït-Ahmed avait très vite compris que cette accusation de la direction du PPA n’était pas fondée et visait d’abord à affaiblir le mouvement de contestation à l’intérieur du parti. La preuve est que le docteur Lamine Debaghine, qui était loin d’être de cette tendance, était accusé par Messali de berbériste ! », note l’historien qui a longtemps rencontré Hocine Aït-Ahmed dans le cadre de ses recherches historiques.


D’autres facettes de l’homme décédé en décembre 2015 ont été abordées par d’autres intervenants, notamment celle liée à son activité intellectuelle et sa contribution à l’émergence d’une vraie opposition politique après l’indépendance du pays.

« Il était l’un des rares militants du mouvement national à s’engager, après l’indépendance, dans l’opposition parce qu’il estimait qu’on ne pouvait pas libérer la terre sans libérer les citoyens », a estimé l’avocat Mostefa Bouchachi.

D’autres ont également abordé le rôle diplomatique-clé joué par Hocine Aït-Ahmed durant la guerre d’indépendance en plus de ses relations avec d’autres mouvements de libération dans le monde. Puis, hasard du calendrier, un hommage appuyé a été rendu, à la même occasion, à l’historien et militant nationaliste Mohamed Harbi qui nous a quittés le 1er janvier.


Ironie de l’Histoire, les médias d’Etat qui avaient un jour qualifié le révolutionnaire d’ennemi, l’ont célébré après sa disparition !

 

Essaïd Wakli

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