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Affaire de Larbaâ Nath Irathen : le cas troublant de Yacine Nechak, condamné à mort malgré l’absence de preuves

  • cfda47
  • il y a 1 jour
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 14 heures


Plus de deux ans après le meurtre tragique de Djamel Bensmaïl, l’affaire continue de susciter indignation et inquiétude. Parmi les dizaines de personnes condamnées à mort lors du procès de 2023, le nom de Yacine Nechak revient avec insistance, symbole d’un dossier entaché d’irrégularités et de graves atteintes aux droits fondamentaux.


L’affaire de Larbaâ Nath Irathen s’inscrit dans un contexte de tensions extrêmes durant l’été 2021, alors que la Kabylie est ravagée par des incendies meurtriers. Le 11 août, Djamel Bensmaïl, venu volontairement aider les habitants, est lynché et brûlé vif par une foule en colère, une scène filmée et largement diffusée, provoquant une onde de choc nationale. Dans les jours qui suivent, les forces de sécurité procèdent à des arrestations massives, souvent sans preuves tangibles.


C’est dans ce climat que Yacine Nechak est interpellé. Durant son interrogatoire, il nie toutes les accusations, mais un agent des services de sécurité, identifié par les initiales H.A., intervient pour le contraindre physiquement à signer un procès-verbal qu’il refuse, l’obligeant à endosser des accusations à caractère politique sans lien direct avec les faits.


La justice s’est concentrée exclusivement sur les accusés civils, tandis que le rôle des agents présents sur les lieux ou impliqués dans la procédure est resté totalement en dehors du champ judiciaire. Cette absence de responsabilité fait partie des zones d’ombre les plus dénoncées par les familles, les avocats et plusieurs observateurs.


Un accusé intégré au dossier dans des conditions opaques

Selon plusieurs témoignages concordants, Yacine Nechak aurait été ajouté au dossier non pas sur la base d’éléments matériels, mais à la suite de l’intervention d’un agent des services de sécurité, identifié par ses initiales H.A., présent lors de son interrogatoire.


Cet agent se serait interposé pour contraindre le jeune homme à signer son procès-verbal, malgré ses dénégations répétées et son refus d’endosser des accusations qu’il jugeait infondées.


Des proches affirment que Yacine a été forcé d’accepter des accusations à caractère politique, sans lien direct avec les faits reprochés. Aucune preuve matérielle, aucun témoignage solide, aucun élément d’enquête ne viendrait l’incriminer dans le meurtre de Djamel Bensmaïl. L’instruction, menée dans l’opacité, débouche en 2023 sur un procès expéditif où 38 personnes, dont Yacine, sont condamnées à mort.


Une condamnation à mort sans fondement probant

Les médias qui ont contribué à diffuser l’idée fausse d’un « pyromane » ne sont pas inquiétés, et rien n’indique qu’ils le seront.


La charge judiciaire s’est concentrée sur les accusés, dont certains – comme Yacine Nechak – ont été condamnés malgré l’absence de preuves, tandis que les acteurs ayant alimenté la confusion initiale restent en dehors du champ judiciaire.


Bien qu’aucun élément tangible ne permette de l’incriminer, Yacine Nechak a été condamné à mort, tout comme 37 autres personnes poursuivies dans cette affaire.


Plusieurs ONG de défense des droits humains, des avocats et des observateurs dénoncent alors « des aveux extorqués », un procès « expéditif », « bâclé » et « politiquement orienté ». Des irrégularités « flagrantes » et une procédure « entachée de pressions ».


La Cour suprême a depuis accepté les pourvois en cassation, reconnaissant implicitement que le dossier mérite un réexamen approfondi. Une décision qui ravive l’espoir des familles, mais souligne aussi la gravité des dysfonctionnements initiaux.


Un appel à la mémoire et à la justice

Parmi les acteurs politiques, c’est surtout le RCD (Rassemblement pour la Culture et la Démocratie) qui a dénoncé publiquement la manière dont l’affaire a été traitée.


Le parti d’opposition a critiqué des procédures irrégulières, des peines disproportionnées et un climat de pressions politiques autour du procès. Il a également appelé à une justice indépendante et à un réexamen sérieux du dossier.


En dehors du RCD, peu de partis ont pris position de manière aussi claire, même si des voix issues de la société civile, d’avocats et de médias ont relayé des critiques similaires concernant l’enquête, les aveux forcés et le caractère politique du jugement.


Pour les proches de Yacine Nechak, le combat continue. Ils refusent que son nom disparaisse dans les méandres d’un dossier politique et judiciaire controversé. Leur mot d’ordre : « Non à l’oubli ».

Un appel qui résonne bien au-delà de Larbaâ Nath Irathen, dans un pays où la question des procès équitables et des libertés publiques reste au cœur des préoccupations citoyennes.


Nadia B

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