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Algérie: les jeunes endettés par les crédits ANSEJ réclament l’effacement total de leurs dettes

Le ministre de l’Economie de la Connaissance, des Start-Up et des Micro-entreprises a tenté de calmer le jeu, ce jeudi, devant le parlement. Il a proposé aux jeunes endettés par les crédits Ansej un rééchelonnement sur cinq ans, avec annulation des intérêts et des agios.


Mais cette offre est loin de satisfaire les jeunes concernés, qui réclament l’effacement total de leurs dettes. Ils sont au bord du gouffre, sans ressources ni perspectives. Ils ne peuvent pas rembourser le moindre centime.


Cette question de l’endettement des jeunes ANSEJ et CNAC remonte à janvier 2011, quand, la jeunesse algérienne s’insurgea contre le régime de Bouteflika, depuis les rues de Bab El Oued jusqu’aux confins du pays, elle paya le prix fort de sa rébellion : une dizaine de morts, des dizaines d’arrestations, une répression sans merci. Le pouvoir, pris de peur, tempéra ses ardeurs, redoutant que la flamme de la révolte ne se propageât et ne le consumât.


Le président, dans un élan de générosité, promit la démocratie aux jeunes, après leur avoir servi un discours plein de fables et de contrevérités. Puis, il leur distribua des crédits Ansej, comme on jette des miettes aux oiseaux, pour qu’ils créent des micro-entreprises. Mais, hélas, seuls 380 000 jeunes purent profiter de cette aubaine, soit un montant de 380 milliards de centimes, l’équivalent de 27 millions de dollars.


Une goutte d’eau dans l’océan des besoins et pendant, ce temps-là, les oligarques se remplissaient les poches sans vergogne. Haddad, Kouninef, Thakout et autres pillaient les caisses de l’Etat, comme des vautours affamés. Ils s’enrichissaient sur le dos du peuple, qui ne voyait pas la couleur de l’argent.


Le temps a passé, et le rêve s’est brisé. Sur les jeunes qui avaient reçu des crédits Ansej, sept sur dix ont échoué. Ils n’ont pas pu rembourser les banques, qui leur réclamaient le principal additionné des intérêts de retard. Ils ont sombré dans la dette, la misère, le désespoir. Ils ont été trahis par le pouvoir, qui leur avait fait miroiter un avenir meilleur.


Parmi les jeunes qui avaient bénéficié des crédits Ansej, quelques-uns ont été pris à la gorge par la justice, qui leur a fait payer cher leur échec.


Les autres, en revanche, sont restés dans l’expectative, attendant vainement que les gouvernements successifs effacent leurs dettes. Mais les pouvoirs publics, incapables ou réticents à sévir contre les jeunes, ne veulent pas non plus leur accorder le pardon. Ils les laissent dans une situation ambiguë « wait and see ».


Le gouvernement adopte une attitude attentiste, mais à l’approche de chaque élection, il promet une solution possible sans que cela ne se concrétise dans les faits.


D’autre part, l’aide financière aux jeunes est une question très sérieuse qui nécessite une réflexion approfondie de la part du gouvernement pour un accompagnement étudié.


Yacine M

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