Algérie–Espagne : un rapprochement diplomatique après deux ans de crise
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Après plusieurs années de tension diplomatique, l’Algérie et l’Espagne s’apprêtent à relancer leurs relations bilatérales. Cette normalisation, amorcée ces derniers mois, doit être symbolisée par la visite à Alger, le 20 juillet, du président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez. D’après le média espagnol theobjective, Sánchez sera accompagné d’une vice‑présidente et d’un groupe d’hommes d’affaires, signe d’un retour assumé à la coopération économique.
La visite annoncée de Pedro Sánchez à Alger, marque la volonté des deux capitales de tourner la page d’une crise qui a profondément affecté leurs échanges commerciaux et leurs positions sur des dossiers stratégiques comme le Sahara Occidental et la migration. Cette reprise de contact ouvre un moment décisif pour redéfinir les équilibres entre les deux pays.
Un agenda chargé : Sahara Occidental et migration
Outre le dossier du Sahara Occidental, toujours au cœur des divergences, Sánchez devra aborder avec les autorités algériennes la question migratoire, devenue l’un des points les plus sensibles entre les deux capitales. Madrid reproche en effet à Alger une insuffisante vigilance face aux départs de migrants clandestins.
Selon theobjective, entre juin et septembre de l’an dernier — période favorable à la navigation — 1 900 personnes ont atteint les îles Canaries à bord de 34 embarcations, tandis que 3 900 migrants ont débarqué aux Baléares sur 224 bateaux partis d’Algérie. Autrement dit, les Baléares ont reçu plus du double des arrivées enregistrées aux Canaries, pourtant plus proches des côtes marocaines.
Reprise économique après une rupture historique
Sur le plan économique, les échanges ont rebondi après une quasi‑interruption entre mars 2022 et décembre 2023, période durant laquelle Alger avait imposé un veto sur les produits espagnols. Les entreprises ibériques ont alors perdu 3,5 milliards d’euros d’exportations.
La détente diplomatique de fin 2023 a provoqué un bond de plus de 200 % des échanges commerciaux en quelques mois, marquant une reprise spectaculaire.
Le Sahara Occidental, un sujet incontournable
Il est probable que la question du Sahara Occidental soit évoquée, même si Madrid maintient son soutien à la proposition marocaine d’« autonomie élargie », jugée par le gouvernement espagnol comme « la plus sérieuse » pour résoudre le conflit, tout en rappelant la nécessité de respecter les résolutions onusiennes.
Une crise longue, désormais refermée
La crise avait éclaté en mars 2022, lorsque l’Algérie avait rappelé son ambassadeur après le revirement espagnol sur le Sahara Occidental. Alger avait dénoncé la « responsabilité historique » de l’Espagne envers le peuple sahraoui, ancienne population administrée par Madrid. Dans la foulée, les importations de produits espagnols avaient été stoppées par plusieurs entreprises algériennes.
Un an et demi plus tard, la nomination d’un nouvel ambassadeur à Madrid a scellé la fin officielle de la brouille diplomatique.
Essaïd Wakli



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