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Algérie : la loi criminalisant la colonisation française suscite un large éventail de réactions

  • cfda47
  • il y a 25 minutes
  • 2 min de lecture

Le Parlement algérien a adopté cette semaine une loi criminalisant la colonisation française, un texte symbolique qui inscrit dans le droit national la condamnation officielle de 132 ans de domination coloniale. Si les dispositions exigeant des excuses formelles ou des compensations financières ont été retirées lors des débats, la portée politique et mémorielle du texte reste considérable. L’annonce a immédiatement déclenché un flot de réactions contrastées, en Algérie comme en France.


La loi adoptée par le Parlement algérien, qui criminalise officiellement la colonisation française, a provoqué des réactions contrastées. Pour ses partisans, il s’agit d’un acte mémoriel fort qui reconnaît enfin, au niveau législatif, les violences et injustices subies durant 132 ans de domination coloniale. Des associations d’anciens combattants et plusieurs responsables politiques y voient une victoire symbolique et un geste de souveraineté. À l’inverse, certains juristes et membres de l’opposition critiquent un texte jugé flou ou instrumentalisé politiquement.


Un geste salué comme une victoire mémorielle


Pour une partie de la classe politique algérienne, cette loi représente un tournant attendu depuis longtemps. Plusieurs députés du FLN et du MSP ont évoqué une « réparation morale » et un « acte de souveraineté mémorielle ».


Des associations d’anciens combattants et de descendants de martyrs ont applaudi un texte qui, selon elles, « rétablit la vérité historique » et « honore les sacrifices du peuple algérien ».


Certains historiens algériens y voient un moyen de renforcer l’enseignement de la période coloniale et de lutter contre ce qu’ils qualifient de « minimisation persistante » des violences de l’époque.


Pour ces soutiens, l’essentiel n’est pas dans les sanctions juridiques — largement symboliques — mais dans la reconnaissance officielle d’un traumatisme collectif.


Des critiques sur le plan politique et diplomatique


D’autres voix, en Algérie même, se montrent plus réservées. Des juristes soulignent que la portée pénale du texte reste floue et pourrait être difficile à appliquer.


Certains députés d’opposition dénoncent une « loi mémorielle à usage interne », estimant qu’elle sert davantage à renforcer le discours politique du moment qu’à produire des effets concrets.


Des intellectuels algériens regrettent que le texte ne s’accompagne pas d’un travail plus large sur les archives, l’enseignement ou la réconciliation mémorielle.


En France, entre inquiétudes et appels au dialogue


La réaction française est elle aussi partagée. Plusieurs responsables politiques ont exprimé leur inquiétude face à une loi jugée « contre-productive » pour les relations bilatérales.


Des associations de rapatriés et de harkis dénoncent une « vision unilatérale » de l’histoire.


À l’inverse, certains historiens français estiment que cette loi pourrait encourager une réflexion plus profonde sur la mémoire coloniale, à condition qu’elle s’inscrive dans un dialogue apaisé.


Un texte symbolique, mais un débat loin d’être clos


L’adoption de cette loi confirme que la question mémorielle reste un enjeu central dans les relations entre Alger et Paris. Si le texte marque une étape importante pour une partie de la société algérienne, il ouvre aussi une nouvelle séquence de débats, tant sur la manière d’aborder le passé que sur la façon de construire l’avenir.


Yacine M

 
 
 
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