Crise dans les médias algériens : l’ONJA exige le respect des droits des journalistes
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Dans un communiqué rendu public samedi 07 mars, l’organisation nationale des journalistes algériens (ONJA) dénonce une situation précaire de certains journalistes qui n’auraient même pas pu percevoir leurs salaires ces derniers mois.
Le document fait état de « plaintes récemment formulées par un certain nombre de journalistes et de professionnels des médias concernant l'aggravation d'un certain nombre de pratiques qui portent atteinte à leurs droits professionnels et sociaux, notamment le retard dans le paiement de leurs rémunérations au sein de certains médias, alors que certains d'entre eux bénéficient des recettes de la publicité publique ».
En plus de cela, l’ONJA pointe des « cas de licenciements abusifs » dans certaines rédactions qui ont osé rompre des relations de travail avec des journalistes en congé, en violation flagrante de la loi. Un abus auquel s’ajoute la privation de la couverture sociale d’autres travailleurs d’entreprises médiatiques. « Ces abus, qui sont contraires aux dispositions du code du travail et de la loi organique sur l'information, portent atteinte à la dignité des journalistes et ont une incidence directe sur la stabilité de la profession et sur la capacité des médias à remplir leur rôle au service de l'intérêt général », note le communiqué.
Pour mettre fin à cette situation, l’organisation syndicale réclame « le paiement des salaires », l'envoi d’inspections du travail et « lier » l’attribution de la publicité étatique au versement des salaires des journalistes et autres travailleurs du secteur de la presse.
C’est la première fois depuis longtemps qu’une organisation professionnelle s’insurge ainsi contre la situation précaire des journalistes. Si la majorité des entreprises médiatiques algériennes vivent grâce à la publicité institutionnelle, monopole de l’ANEP, l’entreprise nationale d’édition et de publicité, elles ne respectent pas forcément les droits les plus élémentaires des journalistes. C’est d’ailleurs pour cela que le gouvernement exige des sites d’informations, nouvellement créés ; d’avoir au moins deux journalistes salariés en contrepartie de l’attribution de la manne publicitaire.
Dans certains cas, les arriérés de salaires peuvent durer plusieurs mois. Ainsi, les journalistes et l’ensemble des salariés (près d’une centaine) du journal El Watan n’ont pas perçu leurs salaires depuis bientôt 8 mois. La raison ? A cause de certains articles qui n’ont pas plu aux autorités, la publicité étatique a été coupée. Elle a été rétablie depuis quelques semaines, après le retour aux affaires de Omar Belhouchet, qui a repris son poste de Directeur de la publication.
E. Wakli