Algérie : le journal El Watan sous le coup d'une mise en demeure du ministère de la Communication
- cfda47
- il y a 5 minutes
- 1 min de lecture

Le quotidien francophone est accusé d'avoir diffusé une « information erronée » concernant le vote du nouveau code de la route au Sénat. Une affaire qui ravive les tensions entre pouvoir et presse indépendante.

Le bras de fer entre les autorités algériennes et la presse privée connaît un nouvel épisode. Le ministère de la Communication a adressé une mise en demeure au quotidien El Watan, l'un des titres les plus influents de la presse francophone algérienne, à la suite de sa une du 22 janvier consacrée au rejet présumé du nouveau code de la route par les sénateurs.
Selon le ministère, l'article intitulé “Les sénateurs disent non au nouveau code de la route” constituerait une information “erronée et trompeuse pour l'opinion publique”, en contradiction avec un communiqué officiel du Conseil de la Nation. Les autorités invoquent une “violation manifeste” de la loi organique sur l'information du 27 août 2023, citant notamment les articles 3, 20 et 35 relatifs aux obligations déontologiques des journalistes, ainsi que la loi sur la presse écrite et électronique.
Le communiqué ministériel, tout en réaffirmant rituellement l' “attachement au principe de la liberté de la presse”, somme le journal de “se conformer immédiatement aux procédures prévues par la loi” et brandit la menace de “mesures légales” en cas de non-respect.
Cette mise en demeure intervient dans un contexte de relations tendues entre le pouvoir et les médias indépendants. El Watan, fondé en 1990, s'est régulièrement distingué par sa ligne éditoriale critique à l'égard des autorités.
Sophie K.