Algérie : un système sous contrôle militaire et policier au cœur d’un débat à Lyon
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FORSEM a organisé, ce jeudi 26 mars 2026, à la Maison des Passages dans le Vieux Lyon, une conférence-débat consacrée au thème « Algérie, un système militaire et policier ». Pendant deux heures, de 18h à 20h, un public nombreux a pu écouter et interroger deux figures engagées de longue date dans la défense des droits humains : Ali Aït Djoudi, président de l’ONG Riposte Internationale, et Nassera Dutour, présidente du Collectif des familles de disparus en Algérie et de la Fédération Euro-Méditerranéenne contre les Disparitions Forcées.
La rencontre a permis d’aborder en profondeur le rôle central joué par les institutions militaires et policières dans la vie politique algérienne. Les intervenants ont décrit un système marqué par une forte concentration du pouvoir, une surveillance étendue de la société et des pratiques répressives qui continuent de restreindre les libertés fondamentales.
Ali Aït Djoudi a proposé une analyse politique et structurelle de ce fonctionnement, évoquant notamment les mécanismes qui, selon lui, empêchent l’émergence d’un véritable État de droit, ainsi que des sujets sensibles tels que les libertés individuelles et collectives, la situation des détenus d’opinion, l’article 87 bis ou encore les lois liées à la déchéance de nationalité.
De son côté, Nassera Dutour a rappelé le drame des disparitions forcées, dont des milliers de familles attendent toujours des réponses depuis les années 1990. Son témoignage, nourri de décennies de mobilisation, a mis en lumière l’ampleur de l’impunité et les obstacles auxquels se heurtent les organisations de défense des droits humains.
L’échange avec le public — composé de citoyens, de militants et de membres de la diaspora algérienne — a montré un intérêt profond pour ces enjeux et une volonté de comprendre les dynamiques actuelles en Algérie. Les participants ont interrogé les intervenants sur les perspectives d’évolution politique, les formes de résistance citoyenne et les moyens de soutenir les familles de disparus.
La discussion, riche et constructive, a été animée par le professeur Addi Lhouari, dont la modération a apporté une dimension analytique et historique précieuse.
En accueillant cet événement, la Maison des Passages a une nouvelle fois affirmé son rôle de lieu d’expression des mémoires, des luttes sociales et des dialogues interculturels. La conférence a offert un espace rare de parole et de réflexion sur une réalité souvent méconnue, rappelant l’importance de maintenir vivante la question des droits humains en Algérie et de soutenir celles et ceux qui œuvrent pour la vérité et la justice.
Nadia B



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