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Arrestation du Dr Djelloul Salama : quand l’expertise devient un délit

  • cfda47
  • il y a 52 minutes
  • 3 min de lecture

L’arrestation du Dr Djelloul Salama, ingénieur et expert en stratégie économique, a provoqué une onde de choc dans les milieux académiques et parmi les observateurs de la scène publique algérienne. Après plusieurs jours de disparition inexpliquée, sa garde à vue a été confirmée par des sources sécuritaires. Il est actuellement retenu à la brigade de Bab El Djedid, en attente de sa présentation devant le procureur de la République.


L’arrestation du Dr Djelloul Salama, expert en stratégie économique, a ravivé les inquiétudes autour de la liberté d’expression en Algérie. Disparu pendant plusieurs jours avant que sa garde à vue ne soit confirmée, l’universitaire est devenu malgré lui le symbole d’un climat où l’analyse scientifique semble désormais perçue comme une menace. Son interpellation, survenue après des critiques techniques portant sur des projets économiques nationaux, soulève une question essentielle : jusqu’où peut aller la criminalisation de la parole indépendante dans l’Algérie dite « nouvelle » ?


Une arrestation aux allures de sanction intellectuelle


Le Dr Salama avait récemment attiré l’attention du public lors d’une intervention télévisée où il analysait la rentabilité du projet minier de Gara Djebilet, l’un des chantiers phares mis en avant par les autorités. Son expertise l’avait conduit à remettre en question la viabilité économique du projet, notamment en raison de la faible qualité du minerai et du coût élevé de son exploitation.


Il avait également évoqué l’opacité entourant certains investissements étrangers, en particulier ceux liés à des entreprises turques opérant en Algérie, qu’il qualifiait de « réseaux mafieux » dans un contexte de manque de transparence.


Ces déclarations, strictement techniques selon ses proches, semblent avoir suffi à déclencher une réaction judiciaire rapide et sévère.


Un signal inquiétant pour la liberté d’expression scientifique


L’affaire soulève une question centrale : peut-on encore exprimer une opinion économique ou scientifique en Algérie sans risquer des poursuites ?


Pour de nombreux universitaires, l’arrestation du Dr Salama marque un tournant préoccupant. Elle laisse penser que l’analyse indépendante, lorsqu’elle contredit les orientations officielles, peut être assimilée à un acte de défiance politique.


Plusieurs chercheurs et économistes interrogés estiment que cette situation crée un climat de peur dans les milieux intellectuels, où la prudence tend désormais à remplacer la rigueur scientifique.


Un contexte social déjà tendu


Cette affaire intervient dans un climat social marqué par la méfiance, la frustration et un sentiment croissant de verrouillage de l’espace public. Les arrestations d’activistes, de journalistes et désormais d’experts renforcent l’idée d’une Algérie où la parole critique est de plus en plus surveillée.


Pour beaucoup, l’arrestation du Dr Salama n’est pas un cas isolé, mais le symptôme d’une tendance plus large : la criminalisation de la dissidence, qu’elle soit politique, médiatique ou désormais technocratique.


Un débat national relancé


L’affaire relance un débat essentiel : quelle place l’Algérie réserve-t-elle à ses experts ? Dans un pays qui aspire à diversifier son économie et à moderniser ses institutions, la marginalisation — voire la répression — des voix compétentes pourrait s’avérer contre-productive.


Des organisations de la société civile appellent déjà à la libération immédiate du Dr Salama et à l’ouverture d’un débat transparent sur les projets économiques stratégiques du pays.


En attendant la décision du procureur


Le Dr Djelloul Salama devrait être présenté dans les prochains jours devant le procureur, qui décidera d’éventuelles poursuites. Son arrestation, largement commentée sur les réseaux sociaux, continue d’alimenter les inquiétudes quant à l’avenir de la liberté d’expression en Algérie.


Pour beaucoup, cette affaire dépasse la personne de l’expert : elle interroge la capacité du pays à accepter la contradiction, à valoriser le savoir et à faire de l’analyse critique un outil de progrès plutôt qu’un motif de sanction.


Nadia B

 
 
 
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